Une lutte en béton contre la corruption
Depuis deux ans, l’arrondissement ne fait que les travaux de réfection de trottoir s’ils sont urgents et menacent la sécurité des citoyens. En 2011, le privé a demandé une somme 44% plus élevée que les estimations des experts à l’arrondissement. L’année suivante le prix demandé dépassait ces mêmes estimations de 25%. «C’est pas vrai qu’on va encourager un tel système», déclare le maire d’arrondissement, Anie Samson.
Refusant cette année encore, le maire confie cette partie de l’entretien de l’arrondissement aux cols bleus qui «sont pas mal plus fiables que le privé», selon elle. Michel Parent, président du syndicat des cols bleus assure que les travaux seront mieux fait s’ils sont confiés au public. « Il y en a qui sont ici pour 30 ans, ils veulent faire le travail comme il le faut. Le privé vient juste une fois, il a intérêt à butcher sa job », pense le syndicaliste.
Elsie Lefebvre, conseillère de Villeray, soutient le maire dans cette décision, malgré les récentes tensions entre les deux politiciennes. « C’était 800$ la dalle de trottoir! C’était excessif», s’exclame-t-elle.
Retour du balancier
Cette initiative redonne aux cols bleus, une responsabilité qu’ils ont déjà eue. Vers la fin des années 1970-1980, l’administration municipale s’est tournée vers le privé pour la réfection des trottoirs. «Pour nous, ça va de soi. On est déjà dans les masses salariales. L’expertise est là et doit servir aux citoyens à moindre coût», affirme M. Parent en rappelant que les cols bleus sont aussi des citoyens qui «veulent en avoir pour leur argent».
Donner l’exemple
Les autres arrondissements confieront-ils la réfection de leurs trottoirs à leurs cols bleus ? «Si on peut servir de source d’inspiration tant mieux», dit le maire qui espère que son initiative fera des petits. Cette proposition de l’arrondissement, qui a été très bien accueillie par les cols bleus, sera évaluée en septembre.