Rio+20: tout ça pour ça!
Peter Kent, « ministre canadien de l’Environnement » a osé se pointer à la grande Conférence de l’ONU de Rio + 20. Il est venu annoncer la deuxième phase du Plan d’action pour un dialogue Canada-États-Unis sur l’énergie propre. Selon le communiqué officiel, « … les États-Unis et le Canada poursuivront la progression des travaux dans le domaine du captage et du stockage du carbone, l’intégration du réseau d’électricité et la recherche et le développement en matière d’énergie propre. »
Si je me fie à l’ordre dans lequel les éléments sont présentés, la priorité semble donc être le captage et le stockage du CO2. Comment ça marche le captage et le stockage? Eh bien, par exemple, au sortir des cheminées d’une centrale électrique alimentée au charbon, on capte le CO2, on le compresse pour le liquéfier pour, finalement, l’injecter dans de grandes profondeurs. Facile à dire, mais pas si facile à faire.
Pas plus tard qu’en avril dernier, le géant énergétique canadien TransAlta a abandonné un projet de 779 millions $ visant justement à capter et stocker le CO2 émis par trois de ses centrales au charbon en Alberta. Le projet a été abandonné malgré des subventions totalisant 783 M$ (Merci M. Harper!). Selon la Cie TransAlta, il n’y avait guère d’argent à faire avec ce projet; la faiblesse de la règlementation au Canada fait en sorte que le prix que l’on peut obtenir en échange d’une tonne de CO2 captée séquestrée est trop bas!
À ce compte, le ministre Kent devrait plutôt suivre un cours d’arithmétique plutôt que de se lancer dans une deuxième phase de quoi que ce soit. En effet, c’est l’incurie de son propre gouvernement qui a tué le projet…