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Les forces congolaises accusées de crimes au Kasaï

Rédaction - The Associated Press

KINSHASA, République démocratique du Congo — Une milice appuyée par l’armée de la République démocratique du Congo a attaqué un hôpital dans la province du Kasaï et y a tué plus d’une centaine de patients, dont des femmes enceintes, affirme une organisation de défense des droits de la personne dans un rapport accablant publié mercredi.

La Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) accuse les forces congolaises et la milice Bana Mura de crimes contre l’humanité pour avoir tenté d’éliminer des populations civiles associées aux opposants du gouvernement de Joseph Kabila.

Des témoignages recueillis auprès de Congolais qui se sont enfuis en Angola durant les mois de violence au Kasaï, plus tôt cette année, indiquent que les forces congolaises ont mené de nombreuses attaques ciblées envers des civils du peuple luba.

La FIDH a entendu des récits sur des villages détruits à l’arme lourde, des attaques d’hôpitaux et de lieux de culte, des exécutions, des actes de torture et des mutilations, des violences sexuelles, des pillages ainsi que des arrestations et des détentions extrajudiciaires.

«Les témoignages récoltés par l’équipe de la FIDH auprès de réfugiés congolais en Angola illustrent le calvaire subi durant au moins cinq mois par les populations civiles de Kamonia», peut-on lire dans le rapport.

L’agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a recensé de nombreux enfants congolais blessés à coups de machette, qui sont arrivés en Angola «au terme d’un voyage aux allures de supplice».

La crise du Kasaï, dans le centre du Congo, est considérée comme l’un des conflits les plus négligés du monde. Elle a fait plus d’un million de déplacés et poussé des centaines de milliers d’enfants au bord de la famine. Il y a quelques mois, l’Église catholique avait établi un bilan de plus de 3800 morts, tandis que les Nations unies ont rapporté l’existence d’au moins 87 fosses communes dans la région.

Selon la FIDH, la nature de ces violences «laisse peu de doute sur l’objectif poursuivi: terroriser, détruire et faire fuir les populations luba», accusées de soutenir l’opposition au régime Kabila et d’appuyer une milice appelée Kamuina Nsapu.

L’organisation estime que ces crimes ont été «planifiés, dirigés et directement commis par des agents de l’État congolais».

La FIDH affirme avoir établi une liste d’une cinquantaine de suspects qui comprend des membres de l’armée, de la police et des services de renseignement, mais aussi des membres de la milice Bana Mura, des chefs locaux et des représentants du gouvernement congolais.

«Cette liste, conservée de manière confidentielle, pourra être transmise à toute commission d’enquête ou tout organe judiciaire amené à conduire une enquête indépendante et impartiale sur les crimes commis sur le territoire de Kamonia», affirme la FIDH.

Le gouvernement congolais n’a pas réagi au rapport dans l’immédiat.

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