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Les deux Corées songent à envoyer une équipe féminine de hockey unifiée aux JO

FILE - In this April 6, 2017, file photo, women's ice hockey players of South Korea, in white, and North Korea, in red, pose for a photo with International Ice Hockey Federation officials after their Ice Hockey Women's World Championship Division II Group A game in Gangneung, South Korea. North and South Korea agreed on Monday, Jan. 15, 2018, in principle to field a joint women's ice hockey team during next month's Olympics in South Korea, and relayed their position to the International Olympic Committee. (AP Photo/Ahn Young-joon, File) Photo: AP

SÉOUL, Corée, République de — La délégation nord-coréenne aux Jeux olympiques d’hiver comptera une troupe artistique de 140 personnes selon ce qu’ont convenu lundi les deux nations, qui discutent toujours de la possibilité d’envoyer une équipe unifiée en vue du tournoi de hockey féminin.

La Corée du Nord et la Corée du Sud se sont rencontrées pour une deuxième fois en une semaine. Les deux pays tentent de négocier les conditions de participation de la Corée du Nord aux Jeux olympiques de Pyeongchang, que la Corée du Sud verrait comme une façon de calmer les tensions causées par les essais balistiques et nucléaires de Pyongyang.

La troupe nord-coréenne — un orchestre de 80 musiciens ainsi que 60 chanteurs et danseurs — offrirait deux performances, l’une à Séoul et l’autre à Gangneung, où auront lieu certaines compétitions olympiques, selon les délégués sud-coréens qui ont pris part à cette réunion.

Le porte-parole du ministère des Sports sud-coréen, Hwang Seong Un, a pour sa part indiqué que les deux pays ont conclu un accord de principe sur la participation d’une équipe de hockey féminin unifiée. La proposition doit maintenant recevoir l’aval du Comité international olympique (CIO). Si elle l’obtient, il s’agirait de la première équipe coréenne olympique unifiée de l’histoire.

Des dirigeants des deux pays doivent rencontrer le CIO en Suisse, samedi. Ils doivent tenir une autre réunion à la frontière des deux pays ce mercredi.

La Corée du Nord a accepté la semaine dernière d’envoyer une délégation aux JO et de tenir pour la première fois en deux ans des pourparlers militaires avec la Corée du Sud afin de réduire l’animosité à la frontière entre les deux pays. Pyongyang a indiqué que sa délégation comprendrait des athlètes, des dirigeants, des cheerleaders, des journalistes et une équipe de démonstration de taekwondo, en plus de la troupe artistique.

Les raisons de cet assouplissement de la Corée du Nord demeurent nébuleuses. Certains analystes estiment que la Corée du Nord pourrait tenter de diviser Séoul et Washington afin de réduire la pression et les sanctions sur elle. À la suite de ses essais nucléaires et balistiques l’an dernier, l’ONU a intensifié ses sanctions et la Corée du Nord a été internationalement condamnée.

D’autres croient que la Corée du Nord souhaite démontrer en participant aux JO qu’elle est un pays normal même si elle possède l’arme nucléaire.

La Corée du Nord a d’ailleurs insisté que ses pourparlers avec la Corée du Sud ne toucheront pas à ses programmes balistiques et nucléaires, précisant que ces armes visent uniquement les États-Unis. Plusieurs se demandent toutefois combien de temps cet adoucissement diplomatique pourra durer sans de sérieuses discussions sur une éventuelle dénucléarisation.

Pyongyang a d’ailleurs subtilement menacé dimanche de se retirer de ce projet afin de protester contre ce qu’elle a qualifié «d’actes sordides» de la Corée, qui ont quelque peu refroidi la réconciliation.

«Ils devraient savoir que les autobus et les trains qui transporteront notre délégation se trouvent toujours à Pyongyang, a indiqué l’agence de presse officielle de la Corée du Nord, la KCNA. Les dirigeants sud-coréens devraient penser aux répercussions défavorables que peut causer leur comportement impoli.»

KCNA a notamment dénoncé des remarques émises par le président sud-coréen, Moon Jae-in, la semaine dernière, qui a crédité le président américain, Donald Trump, d’avoir convaincu le Nord de s’asseoir avec le Sud. L’agence a aussi accusé la Corée du Sud de laisser Washington déployer un porte-avions près de la péninsule coréenne pendant les JO. Les États-Unis ont de leur côté décrit leur présence accrue dans la région comme étant de l’entraînement routinier et planifié.

Cet avertissement se veut toutefois plus doux que le ton habituellement plus belliqueux utilisé par le Nord et n’a pas semblé mettre en danger le récent rapprochement.

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