Monde

Espion russe: l’agent est occidental, dit Moscou

MOSCOU — Le ministre des Affaires étrangères de la Russie a affirmé, samedi, que Moscou avait reçu un rapport de la part d’un laboratoire suisse ayant analysé des échantillons de l’agent neurotoxique utilisé pour empoisonner un ancien espion russe et que le document laissait entendre que l’agent en question avait été conçu en Occident.

Selon Sergueï Lavrov, le gouvernement russe tient ce renseignement confidentiel d’un laboratoire situé à Spiez, en Suisse, qui a analysé des échantillons prélevés sur le site de l’attaque menée le 4 mars contre Sergueï Skripal et sa fille, Ioulia, dans la ville de Salisbury, au Royaume-Uni.

Il a souligné que l’analyse avait été effectuée à la demande de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC).

Le rapport de l’OIAC a confirmé les conclusions des autorités britanniques, selon lesquelles Sergueï et Ioulia Skripal ont été empoisonnés avec un agent neurotoxique de qualité militaire, sans toutefois nommer de responsables.

Le Royaume-Uni a accusé la Russie d’être derrière cette attaque, une accusation que Moscou nie.

Samedi, M. Lavrov a révélé que, d’après le document, les échantillons recueillis à Salisbury contenaient des traces de l’agent neurotoxique BZ et de son précurseur.

Le ministre russe a indiqué que le BZ faisait partie de l’arsenal chimique des États-Unis, du Royaume-Uni et d’autres pays membres de l’OTAN alors que l’Union soviétique et la Russie n’avaient jamais fabriqué cet agent.

Il a ajouté que le laboratoire suisse avait aussi décelé la présence de l’agent neurotoxique A234, mais avait estimé ce fait étrange compte tenu de la grande volatilité de cette substance et de la période de temps relativement longue s’étant écoulée entre l’empoisonnement et la cueillette d’échantillons.

Sergueï Lavrov a déclaré que le rapport de l’OIAC ne mentionnait pas le BZ et que Moscou demanderait des comptes à ce sujet.

Londres a expliqué que l’agent A234 appartenait à une famille d’agents neurotoxiques baptisés «Novichok» et développés par l’Union soviétique.

Ioulia Skripal a reçu son congé de l’hôpital cette semaine, mais son père demeure hospitalisé.