Trump sème la colère à Londres et à Paris
LONDRES — Des médecins et des politiciens britanniques ainsi que le ministre français des Affaires étrangères ont dénoncé, samedi, les propos tenus par le président des États-Unis, Donald Trump, durant un congrès de la National Rifle Association (NRA) concernant un hôpital londonien, l’attentat de novembre 2015 à Paris et les lois contrôlant les armes à feu dans les deux pays européens.
Durant une allocution prononcée au congrès de la NRA à Dallas vendredi, M. Trump avait affirmé qu’en dépit du strict contrôle des armes à feu exercé par les autorités britanniques, l’un des hôpitaux de Londres était inondé de sang et ressemblait à un «hôpital militaire en zone de guerre» en raison des nombreuses attaques à l’arme blanche qui sévissaient dans la capitale du Royaume-Uni.
Plus tard dans son discours, le président américain avait aussi laissé entendre que l’attentat terroriste qui a coûté la vie à 130 personnes dans la capitale française à l’automne 2015 aurait fait beaucoup moins de victimes si les Parisiens avaient eu des armes pour se défendre.
Sa première déclaration a provoqué la colère de médecins et élus britanniques, jetant possiblement une ombre sur sa première visite présidentielle au Royaume-Uni le 13 juillet.
Le Dr Martin Griffiths, un chirurgien au London Royal Hospital, a écrit sur Twitter qu’il serait ravi d’inviter Donald Trump à visiter le centre hospitalier et à rencontrer le maire de Londres et le chef de la police londonienne afin d’apprendre comment la ville avait fait pour réduire le nombre de crimes violents sur son territoire.
Sarah Jones, une députée du Parti travailliste, a pour sa part déclaré que les remarques du président des États-Unis étaient «honteuses».
«Les crimes à l’arme blanche au Royaume-Uni sont bien loin d’égaler votre nombre effarant de morts par balles», a-t-elle soutenu sur Twitter.
Du côté de la France, le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a exprimé sa «ferme désapprobation» relativement aux propos de M. Trump et a vigoureusement défendu les lois françaises sur les armes.
«La libre circulation d’armes au sein de la société ne constitue pas un rempart contre les attaques terroristes, elle peut au contraire faciliter la planification de ce type d’attaque», a indiqué M. Le Drian dans un communiqué publié samedi.