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Escalade des tensions en Haïti

A demonstrator chants anti-government slogans during a protest demanding to know how Petro Caribe funds have been used by the current and past administrations, in Port-au-Prince, Haiti, Sunday, Nov. 18, 2018. Much of the financial support to help Haiti rebuild after the 2010 earthquake comes from Venezuela's Petro Caribe fund, a 2005 pact that gives suppliers below-market financing for oil and is under the control of the central government. (AP Photo/Dieu Nalio Chery) Photo: The Associated Press

Les centaines de manifestants qui ont défilé dans la capitale haïtienne Port-au-Prince vendredi, pour réclamer la démission du président, ont multiplié les affrontements avec les policiers qui ont dispersé le défilé avant son arrivée dans les quartiers aisés.

Partis des quartiers populaires du bas de la ville, les manifestants avaient annoncé dès mercredi vouloir “donner une leçon au secteur privé”. Cet appel implicite aux violences avait été dénoncé par les autorités de Pétionville, la commune concernée.

“On veut que Jovenel (Moïse, le président de la République, ndlr) et le secteur privé nous écoutent enfin: les riches sont complices d’avoir mis cet incompétent au pouvoir” a déclaré Biron Odijé en tête du petit cortège.

Le long du parcours, des participants à la marche ont tenté, en vain, d’incendier plusieurs stations services.

A l’aide de camions équipés de canons à eau, la police a bloqué la foule avant qu’elle n’arrive à destination. Face aux nombreux jets de pierres reçus, les forces de l’ordre ont fait un large usage de grenades lacrymogènes.

“La police n’est pas au service du peuple haïtien mais à la solde du pouvoir et de l’élite économique” a dénoncé le manifestant Pierre Richard Alexis, le visage encore en larmes. “On vit dans la crasse, dans la misère, dans les égouts et quand on revendique pour une vie meilleure, on reçoit du gaz lacrymogène” a-t-il regretté.

Dans l’après-midi, Pétionville a finalement été le théâtre de nombreuses échauffourées entre plusieurs petits groupes de contestataires et les forces de l’ordre.

Depuis dimanche, Haïti est sous tension suite à une large mobilisation nationale réclamant la démission du chef de l’État.

Selon l’opposition, 11 personnes ont été tuées lors de ces manifestations; la police annonce elle un bilan de trois morts par balle.

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