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13:30 2 mars 2019 | mise à jour le: 2 mars 2019 à 13:30

Les gilets jaunes dans la rue à l’aube d’un mois crucial pour leur mouvement

Les gilets jaunes dans la rue à l’aube d’un mois crucial pour leur mouvement
Photo: AFPDes manifestants «Gilets jaunes» se tiennent à côté de la réplique de la Statue de la Liberté.

Les « gilets jaunes », qui mènent des actions de contestation sociale depuis la mi-novembre en France, manifestaient de nouveau samedi, voulant rester mobilisés deux semaines avant la fin du « grand débat » lancé par le président Emmanuel Macron en réponse à leur mouvement.

A 14h, le ministère de l’Intérieur comptabilisait 5.600 manifestants dans toute la France, dont 1.320 à Paris. Une semaine auparavant, à la même heure, 11.600 participants, dont 4.000 dans la capitale, avaient été recensés.

A Paris, les manifestants ont entamé à la mi-journée dans le calme un parcours de 12 kilomètres, sous haute surveillance policière.
Des « gilets jaunes » manifestaient aussi à Nice (sud-est), Strasbourg (est), Lille (nord) ou Nantes (ouest), où des échauffourées ont éclaté peu après le départ de la manifestation et où la situation restaient tendue dans l’après-midi.

Ils étaient plusieurs milliers à Bordeaux et Toulouse (sud-ouest), deux places fortes de la contestation.

Dans la rue à Toulouse, où le rendez-vous a donné lieu à des heurts avec les force de l’ordre, Pierre Rivière, un artisan, assurait que la mobilisation « ne faiblira(it) pas avant la fin du grand débat ».

A Bordeaux, où la gare a été brièvement envahie, des manifestants ont accroché une banderole proclamant « 16 mars, l’Aquitaine envahit Paris ultimatum saison 2 ».

Les manifestants placent beaucoup d’espoirs dans la mobilisation du 16 mars, présentée comme une journée clé qui coïncidera avec la fin du Grand débat national mis en place le 15 janvier par le chef de l’État français.

Ce dernier, honni par les « gilets jaunes » qui scandent depuis des semaines « Macron démission ! », a pris l’initiative d’une consultation nationale sans précédent, d’une durée de deux mois, pour tenter de répondre à leur colère en recueillant les doléances des Français.
Ce débat, qui a suscité 10.000 réunions en France et plus d’un million de contributions sur internet, est qualifié de « mascarade » et de « campagne de communication » par de nombreux « gilets jaunes ».

« La fin du grand débat sera la fin du grand enfumage, on continuera de se battre car ce mouvement va changer la face du quinquennat de Macron et de la France durablement », affirme Alexandre Chantry à Lille, où quelques Belges se sont joints au cortège.

Alors qu’Emmanuel Macron a estimé vendredi que ce mouvement n’était « plus compréhensible par bon nombre de citoyens », Catherine, une retraitée, juge qu’il ne perd pas de son ampleur. Beaucoup de Français « sont « gilets jaunes dans l’âme », pas besoin d’être présents physiquement », assène-t-elle.

Partie d’un ras-le-bol contre la hausse des taxes et pour davantage de pouvoir d’achat, la fronde s’est étendue à des revendications hétéroclites.

Le 17 novembre, ils étaient 282.000 dans la rue pour le premier acte de ce mouvement né sur les réseaux sociaux. Samedi dernier, ils étaient 46.600 dont 5.800 à Paris, selon les autorités, des chiffres régulièrement contestés par les manifestants.

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