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L’Europe veut négocier avec Téhéran

L’Europe veut négocier avec Téhéran
Photo: /office of the iranian presidencyLe 10 juillet dernier, un conseiller diplomatique du président français s'est entretenu avec le président iranien, Hassan Rohani.

Les Européens sont décidés à jouer leur va-tout pour sauver l’accord sur le nucléaire avec l’Iran, mais l’impossibilité de contourner les sanctions américaines leur laisse peu de chances de répondre aux attentes de Téhéran, ont averti leurs ministres des Affaires étrangères réunis hier à Bruxelles.

«L’accord n’est pas encore mort» et l’UE veut donner à l’Iran «une possibilité de revenir sur ses mesures en contradiction avec ses engagements», a affirmé le chef de la diplomatie britannique Jeremy Hunt à son arrivée pour une réunion avec ses homologues de l’Union.

Les Européens déplorent la décision de Téhéran de produire désormais de l’uranium enrichi à au moins 4,5%, un niveau prohibé par l’accord. «Les mesures iraniennes sont réversibles et nous appelons les autorités iraniennes à revenir sur leur décision», a plaidé la chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini à l’issue de la réunion.

Mais les autorités iraniennes veulent des actes. Les Européens doivent faire «la preuve de leur volonté politique et de leur capacité» à permettre que l’Iran «bénéficie en pratique» de l’accord, a soutenu le porte-parole iranien des Affaires étrangères, Abbas Moussavi.

Les Européens espèrent convaincre les Iraniens de leur volonté de les aider avec l’utilisation de l’Instex, un mécanisme de troc créé pour contourner les sanctions américaines en évitant d’utiliser le dollar. Les achats iraniens en Europe seront compensés par des achats européens d’un montant équivalent en Iran.

«L’accord est mal en point, mais j’espère que sa dernière heure n’est pas venue. Il est urgent que l’Iran respecte ses engagement».

Federica Mogherini, chef de la diplomatie européenne

«Les premières transactions sont en cours de réalisation», a annoncé Mme Mogherini. Dix pays de l’UE se sont engagés à utiliser cet instrument et des pays «non membres de l’UE» vont également s’associer à cette initiative, a-t-elle annoncé.