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15:27 28 mars 2020 | mise à jour le: 28 mars 2020 à 15:34

Coronavirus: le bilan dépasse les 10 000 morts en Italie

Coronavirus: le bilan dépasse les 10 000 morts en Italie
Photo: Getty ImagesUn officier de l'armée italienne porte des vêtements de protection alors qu'il prend part à une opération de transport de cercueils le 28 mars.

L’Italie, pays le plus touché au monde par la pandémie de coronavirus, a dépassé samedi la barre des 10 000 morts, concentrant à elle seule près d’un tiers des décès dans le monde liés au nouveau coronavirus, qui continue aussi à faire des ravages en Espagne, second pays le plus touché.

Au même moment, en Chine, Wuhan, point de départ de l’épidémie, commençait à sortir du confinement total. Faute de vaccin ou de traitement éprouvé contre la maladie de COVID-19, plus de trois milliards de personnes restent confinées de gré ou de force sur la planète.

La pandémie de coronavirus a fait près de 30 000 morts, dont plus de 20 000 en Europe, continent le plus durement touché. Avec respectivement 10 023 (+889 en 24 heures) et 5690 décès (+832), l’Italie et l’Espagne sont les deux pays du monde les plus endeuillés, et concentrent à eux seuls près des trois quarts des décès européens.

En Espagne, le chef du gouvernement Pedro Sanchez a annoncé l’arrêt de toutes les activités économiques «non essentielles» durant deux semaines.

La contagion poursuit cependant son lent ralentissement en Italie. «Dans tous les services d’urgences, on enregistre une réduction (des arrivées de patients, ndlr), dans quelques-uns elle est légère, dans d’autres plus marquée», a déclaré Giulio Gallera, le responsable de la santé en Lombardie (nord), la région la plus touchée.

Le Royaume-Uni, lui, où le prince Charles, héritier de la couronne, ainsi que le premier ministre Boris Johnson sont contaminés, a dépassé la barre de 1000 morts, avec 260 nouveaux décès en une seule journée, selon un bilan officiel publié samedi.

Et la Turquie dénombre désormais plus de cent décès.

En Chine, la ville de Wuhan, où l’épidémie s’est déclarée en décembre, se rouvrait progressivement samedi après plus de deux mois d’isolement quasi total, avec l’arrivée du premier train de voyageurs autorisé depuis le confinement.

«Elle s’est précipitée vers son père, je n’ai pas pu m’empêcher de pleurer», a raconté à l’AFP une passagère de 36 ans, une habitante de Wuhan, qui avec sa fille a retrouvé son mari, dont elles étaient séparées depuis dix semaines.

«Chemin de croix»

Sur d’autres continents en revanche, le pire reste à venir.

Les États-Unis, pays comptant le plus grand nombre de cas recensés, ont franchi la barre des 100 000 personnes contaminées, sur plus de 605 000 dans le monde. Le nouveau coronavirus y a fait à ce jour quelque 1600 morts.

Cette détérioration alarmante a conduit le président américain Donald Trump, après avoir promulgué un gigantesque plan de relance économique de plus de 2000 milliards de dollars, à contraindre par décret le constructeur automobile General Motors à produire des respirateurs artificiels.

Cette décision, prise en vertu d’une loi datant de la guerre de Corée (1950-1953), vise à répondre au manque d’équipement face à l’afflux croissant de patients dans les hôpitaux.

«Il y a une pénurie de tout. Demander des choses basiques comme des gants, des thermomètres, du paracétamol ou du gel hydroalcoolique, ça devient un chemin de croix», a également déploré le footballeur espagnol Toni Dovale, qui a troqué ses crampons contre une blouse blanche dans une pharmacie de Galice (nord-ouest de l’Espagne).

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a prévenu que le manque d’équipements de protection pour les personnels soignants représentait une «menace imminente» dans la lutte contre la pandémie.

En France, qui enregistre plus de 2300 morts, a commandé plus d’un milliard de masques, notamment à la Chine, le premier ministre Edouard Philippe a démenti samedi tout «retard» dans la mise en place du confinement, le 17 mars. Celui-ci a été prolongé au moins jusqu’au 15 avril.

La Russie, dernier grand pays à n’avoir encore pris aucune mesure de confinement généralisé, a annoncé samedi qu’elle allait fermer ses frontières à partir de lundi. Elle a déjà fermé samedi ses restaurants et la plupart de ses commerces avant une semaine chômée.

Dans les pays les plus pauvres, notamment en Afrique subsaharienne, où les restrictions de déplacement compromettent les moyens de subsistance de populations qui vivent souvent au jour le jour, le confinement ne va pas de soi.

«Survivre»

Ainsi à Lagos, capitale économique du Nigeria, et ville la plus peuplée du continent, où les autorités se contentent pour le moment de fermer écoles, lieux publics, bars et marchés non alimentaires, et de dispenser des conseils de rester chez soi, les règles élémentaires de «distanciation sociale» s’avèrent problématiques.

«D’ici lundi, mardi, dans quelques jours, tout le monde va ressortir de chez lui et faire ce qu’il à faire pour survivre», prédit Rotimi Oyedepo, vendeur de produits chimiques qui a dû fermer son échoppe sur ordre de la police.

Et dans un quartier déshérité de Johannesburg, la police sud-africaine a tiré samedi des balles en caoutchouc pour disperser plusieurs centaines de personnes qui se pressaient devant un commerce en violation du confinement.

La ferveur religieuse complique également l’application de strictes mesures sanitaires. Si le pape François a célébré vendredi une prière seul au balcon d’une place Saint-Pierre déserte, une première historique, dans le monde musulman, les appels à la prudence sont inégalement respectés.

Si l’Iran, officiellement quatrième pays le plus touché en nombre de morts (plus de 2500), a fermé ses principaux lieux de pèlerinage et suspendu les prières publiques, les mosquées ont connu l’affluence vendredi au Pakistan et en Afghanistan voisins, ainsi qu’en Indonésie.

Sommes astronomiques

Face à l’autre catastrophe, économique, qui se profile, la communauté internationale tente de mobiliser des sommes astronomiques.

Outre les 2000 milliards annoncés par les États-Unis, les pays du G20 ont promis cette semaine d’injecter 5000 milliards de dollars pour soutenir l’économie mondiale.

L’Union européenne a elle renvoyé à dans deux semaines des «mesures fortes» contre le coronavirus, s’attirant la colère de l’Italie et de l’Espagne.

«Nous ne surmonterons pas cette crise sans une solidarité européenne forte, au niveau sanitaire et budgétaire», a souligné samedi le président français Emmanuel Macron à trois journaux italiens, appelant à lancer des emprunts communs à toute l’UE, ce à quoi l’Allemagne s’oppose totalement.


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