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Les cadeaux du père Noël russe

Ded Moroz («grand-père Gel» en russe) est l’équivalent du père Noël. Il est arrivé tôt cette année. Le lundi 12 décembre. En annonçant sa candidature à la présidentielle du 4 mars, le milliardaire Mikhaïl Prokhorov a promis plein de cadeaux aux Russes.

S’il bat Vladimir Poutine, l’actuel premier ministre, il fera tout pour que les jeunes accèdent aux biens de consommation de la Russie capitaliste, introduira son pays dans la zone euro et supprimera les visas avec l’Union européenne.

Prokhorov n’est pas le premier milliardaire russe (il y en aurait une soixantaine) à se lancer en politique. Il y a quelques années, l’ex-roi du pétrole, Mikhaïl Khodorkovsky, avait tenté de se faire élire député en critiquant Poutine. Accusé de fraude fiscale, il croupit en prison depuis huit ans.

Prokhorov a promis de le libérer s’il est élu.

Ses chances d’entrer au Kremlin sont aussi réelles que l’existence du personnage légendaire à la barbe blanche. Poutine redeviendra président, même s’il a du plomb dans l’aile depuis les législatives du 4 décembre. Elles ont certes été remportées par Russie unie, son parti, mais ont été entachées de fraudes électorales. Des milliers de Russes sont descendus dans la rue pour les dénoncer.

Ils en ont en ras-le-bol. À la fois des politiciens et des nouveaux riches. Les premiers se font surtout élire pour puiser dans les caisses de l’État. Les seconds ont acquis leurs montagnes de roubles trop rapidement pour être honnêtes. Avec ses 18 G$, Mikhaïl Prokhorov est la troisième fortune de Russie. La 32e du monde.

Être riche dans un pays où le salaire mensuel moyen ne dépasse pas les 700 $, c’est vivre dans l’inconfort… psychologique. Les oligarques russes s’isolent dans leurs palais fortifiés et mettent en lieu sûr leur fortune dans des paradis fiscaux, craignant à tout instant d’être jetés à l’ombre pour «fraude fiscale», à l’instar de Mikhaïl Khodorkovsky. Cela pourrait arriver à Prokhorov. Mais…

Un tel scénario est improbable, car sa candidature, aussi soudaine que surprenante, est peut-être un arrangement pris avec Poutine afin de calmer la grogne populaire, de faire croire au peuple qu’il y a une alternative «libérale» à la main de fer de l’homme fort de la Russie, au pouvoir depuis 12 ans.

Mikhaïl Prokhorov est-il une marionnette de Vladimir Poutine? La politique russe est rarement riche en rebondissements. Un peu comme les matriochkas, ces poupées imbriquées les unes dans les autres. Elles révèlent leurs charmes sans vraiment surprendre.

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