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Des jeunes Occidentaux au chevet des réfugiés syriens

Photo: Elisabeth Braw
Elisabeth Braw - Metro World News

Zaatari, Jordanie. Alors que leurs dirigeants tergiversent sur la marche à suivre en Syrie, des jeunes Occidentaux vont sur place pour aider les réfugiés.

Chaque matin, Dina El-Kassaby se rend au camp de réfugiés de Zaatari. Cet énorme site, situé à 7 km de la frontière syrienne, au nord de la Jordanie, nécessite beaucoup de personnel : le camp, qui n’était qu’un vaste champ il y a trois ans, est devenu l’écueil où se sont échoués 150 000 réfugiés syriens fuyant la guerre.

El-Kassaby, une Vancouvéroise de 22 ans, est membre d’un imposant contingent de jeunes Occidentaux qui ont choisi de travailler ici.

«Les préjugés veulent que les réfugiés soient paresseux, dit-elle. C’est faux, du moins en ce qui concerne les Syriens. Il y a des infirmières, des enseignants, des avocates et des camionneurs ici. Tout le monde à qui j’ai parlé demande une chance de travailler. Et les femmes sont bien éduquées, aussi.»

Sur la principale artère de Zaatari, les réfugiés ont mis en place une multitude de boutiques, vendant aussi bien du shampoing que des robes de mariée. Ils appellent cette avenue délabrée leur «Champs-Élysées».

David Lampert, un jeune de 18 ans du Vermont, a demandé à son professeur d’arabe en ligne de quelle façon il pouvait aider en Jordanie, avant de s’envoler vers la ville de Mafraq, près de la frontière jordano-syrienne. «Je voulais seulement aider le peuple syrien», explique-t-il sur le parvis de l’église locale.

Mafraq, une ville modeste de 60 000 habitants, a accueilli 20 000 réfugiés syriens. L’église, soutenue par l’organisation non gouvernementale Mercy Corps, fournit de la nourriture et des couvertures aux familles qui affluent, en plus d’offrir un espace sécuritaire où se reposer.

Haitham Betts, un Canadien de 23 ans, aide aussi à l’église, exécutant de menus travaux et passant du temps avec les nouveaux arrivés. «Aider les gens en situation de crise est, d’un point de vue personnel, tellement important pour eux», confie-t-il.

Des 80 personnes qui travaillent pour le programme alimentaire des Nations unies, 33 ont 35 ans ou moins, et 9 sont Occidentaux. Et Mercy Corps, quant à lui, affirme que 80 % de ses volontaires sont âgés de moins de 35 ans.

Les responsables jordaniens offrent aussi un soutien en donnant de la nourriture et des tentes aux réfugiés. Mais les jeunes Occidentaux apportent une aide inestimable aux milliers de désespérés qui attendent ici.

«Je veux que les gens comprennent à quel point la violence a atteint des niveaux effrayants en Syrie, et à quel point c’est difficile d’abandonner sa vie et de partir», raconte Aoife McConnel, une travailleuse irlandaise de 27 ans de l’agence des réfugiés des Nations unies.

«Mais c’est très dur de faire passer ce message, déplore McConnell. La réalité du monde est ainsi. Comment peut-on demander à des gens qui sont préoccupés par leurs affaires de donner de l’argent aux réfugiés syriens?»

«Cependant, songez à ceci : chaque nuit, 1 000 Syriens sont contraints de tout abandonner et de fuir leur pays pour venir ici, en Jordanie.»

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Le guide du travailleur humanitaire

  • S’adapter et aider. C’est évident, vous devez savoir vous adapter à une nouvelle vie et, bien sûr, vous devez avoir la volonté d’aider.
  • Emploi. Il y a un besoin constant de travailleurs humanitaires, et comme beaucoup d’entre eux retournent dans leur pays après leur service, il y a beaucoup de roulement, donc beaucoup d’offres d’emploi.
  • Site d’emplois. Visitez reliefweb.int – qui dresse la liste de presque toutes les offres d’emploi humanitaire, allant d’un stage de communicateur à l’agence des Nations unies pour les réfugiés à des contrats permanents d’administrateur.
  • Courriel. Comme l’a fait Aoife McConnell, vous pouvez aussi envoyer votre CV aux organisations non gouvernementales. Pour le programme alimentaire des Nations unies, par exemple, écrivez à jordan.recruitment@wfp.org.
  • Salaire. Les ONG paient normalement un bon salaire mensuel en regard des normes salariales de chaque pays. L’employeur offre souvent le logement et le voyage de retour des employés à la fin de leur service.

Hôpital du camp. Avec l’aide d’amis italiens

Un homme en chaise roulante s’approche, accompagné de son fils, d’un bâtiment sur lequel flotte le drapeau italien, situé au milieu des tentes colorées de Zaatari.

Il s’agit de l’hôpital italien : 7 docteurs, 10 infirmières et un dentiste réunis dans un modeste bâtiment.

Même si l’hôpital est petit – les camps français et marocain ont des lits –, il rend un énorme service. «Tout l’équipement est payé par l’Italie», explique le Dr Basham Anakrit en présentant les incubateurs et les machines à rayons X. La Jordanie fournit le personnel hospitalier, et le Dr Anakrit est d’ailleurs lui-même un officier de l’armée jordanienne.

Analyse :
«C’est le bon moment», dit Marc Vergara, Directeur des Communications, UNICEF, Jordanie
La Syrie et la région sont classées niveau 3 selon l’ONU, soit le plus haut niveau. Ce qui veut dire qu’on a demandé aux agences de l’ONU du monde entier de fournir des employés, puisqu’on a besoin de gens d’expérience ou qui ont des aptitudes techniques pour l’eau et les installations sanitaires. L’UNICEF a habituellement 15 personnes en Jordanie, nous sommes maintenant 50.

L’ONU affectera la plupart de ses employés en assistance aux réfugiés syriens. Bien sûr, nous ne pouvons pas prévoir le nombre de réfugiés qui viendront, mais nous estimons qu’il y en aura un million l’an prochain. L’ONU et les ONG recherchent toujours des gens avec de l’expertise. En plus du personnel à temps plein, l’ONU et les ONG ont également besoin de personnel pour de la consultation.

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