Bernard Drainville en mode panique
Pauline Marois voguait tranquillement vers une victoire facile, mais sous l’influence néfaste de son aile conservatrice, elle est en train d’offrir une majorité au PLQ. Qui l’aurait cru?
À trop en faire dans la «wedge politics», les Drainville, Lisée et autres stratèges du PQ se sont mélangés les pinceaux! Ils avaient tout prévu, sauf la remontée méthodique des troupes de Philippe Couillard. Ils sont maintenant en mode panique.
Après avoir disparu des radars, Bernard Drainville sort de son «exil»! Comme un épouvantail, il réapparait pour nous marteler l’importance cruciale de sa Charte. Il claironne: «Vous voulez la Charte, votez pour le Parti québécois».
Certes, je ne partage pas le point de vue de M. Drainville sur la Charte, et Dieu sait combien j’appréciais son émission sur la colline parlementaire. Il était juste et habile avec ses invités. Il arrivait à leur faire dire les vraies affaires (aucun lien avec le slogan du PLQ, je vous le jure sur la Charte). Il était professionnel et sans complaisance.
Quand il a fait le saut en politique, j’étais curieux de voir ce qu’il allait devenir. Jusqu’en 2012, il donnait l’impression d’un politicien qui va à la rencontre de «son» monde. Puis, il est devenu le chantre de la Charte.
Qui aurait prédit voir un jour Bernard Drainville lancer cet ultimatum: «Soit vous êtes avec nous, soit vous êtes contre nous». La peur! Drainville le politicien est à des années lumières du Drainville le journaliste de Radio-Canada.
Le ministre sortant, responsable des Institutions démocratiques et de la Participation citoyenne sait qu’il n’y a pas d’explosion de demandes d’accommodements raisonnables, ni d’ailleurs de plaintes relatives auxdites demandes. La Commission des droits de la personne du Québec est catégorique là-dessus. Mais, appâté par les sondages, monsieur Drainville persiste et signe!
Monsieur Drainville sait pertinemment que personne au Québec n’est contre «toute» sa Charte. Il y a même presque unanimité sur ses orientations clés: égalité entre les femmes et les hommes, neutralité de nos institutions, laïcité de notre État, encadrement des accommodements raisonnables par des balises claires, obligation du visage à découvert lorsqu’on donne ou reçoit un service de l’État. Il y a un seul désaccord: l’interdiction du port de signes religieux ostentatoire par les employés de l’État.
Hélas, entre ceux qui sont pour ou contre le port de signes religieux dans la fonction publique, un compromis était possible. Le Québec aurait pu en sortir gagnant et plus fort!