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Les manifestations se poursuivent à Baltimore

BALTIMORE – Des manifestations se sont déroulées aux États-Unis, mercredi soir, pour protester contre la mort de Freddie Gray, ce jeune Afro-Américain mort mystérieusement des suites d’une fracture des vertèbres cervicales subie pendant sa détention dans un poste de police, plus tôt ce mois-ci.

A quelques heures du couvre-feu, un milliers de manifestants ont quitté la principale gare à Baltimore pour se rendre devant l’Hôtel de Ville. Le cortège s’étendait sur plus d’un pâté de maisons.

Les manifestants ont scandé: «Dites la vérité, cessez les mensonges. Freddie Gray n’avait pas à mourir». La majorité d’entre eux semblaient être des étudiants universitaires.

Installées sur leur balcon, plusieurs personnes du quartier qu’ils ont traversé les ont filmés et salués.

Jacob Kinder, un étudiant de l’Université Groucher, à Towson au Maryland, a relaté que la mort de Gray ainsi que les manifestations et les émeutes qu’elle a provoquées ont été de toutes les conversations sur le campus depuis le début de la semaine.

Ils sont pacifiquement retournés vers la gare. Revenus à leur lieu de départ, les organisateurs leur ont dit de retourner à la maison et de continuer le combat une autre journée.

Quelques minutes avant le début du couvre-feu, la tension est montée d’un cran lorsqu’une bagarre a éclaté entre manifestants. Des civils sont rapidement intervenus pour séparer les belligérants sans l’aide des policiers, placés à quelques dizaines de mètres de là.

À 22 h, comme la veille, des citoyens tentaient de convaincre les protestataires de retourner à la maison. Plusieurs leur obéissaient. Personne ne semblait vouloir confronter la police. Les autorités ont prévenu par haut-parleurs les gens du début du couvre-feu. Policiers et membres de la Garde Nationale étaient prêts pour toutes les éventualités.

Pendant ce temps, à plus de 300 km de là, à New York, une dizaine de personnes ont été arrêtées pour avoir tenté de défiler dans les rues et de perturber la circulation.

Plusieurs centaines de personnes s’étaient assemblées à Union Square, sur l’île de Manhattan, pour protester contre la brutalité policière. Ils ont scandé «pas justice, pas de paix» et «mains en l’air, ne tirez pas» sous l’oeil attentifs de plusieurs dizaines de policiers. Ceux-ci armés de matraque ont empêché les manifestants de quitter le trottoir. Les protestataires qui y parvenaient étaient arrêtés.

Un hélicoptère de la police a survolé la foule. Les autorités ont averti les manifestants qu’ils seraient arrêtés s’ils marchaient dans la rue.

D’autres groupes, escortés par les forces de l’ordre, ont marché dans la Grosse Pomme tout en restant sur le trottoir. Là encore, ceux qui cherchaient à rester dans les rues risquaient de se faire arrêter. Les manifestants scandaient: «On ne peut pas respirer». La situation était chaotique par moment.

Dans d’autres villes, comme Washington et Boston, plusieurs centaines de manifestants sont aussi descendus dans les rues pour se joindre au mouvement de protestation. Dans la capitale américaine, ils se sont rendus devant la Maison Blanche. Ils étaient moins nombreux à Houston ou Indianapolis.

Par ailleurs, le commissaire de la police de Baltimore, Anthony Batts, a indiqué que plusieurs dizaines des personnes arrêtées au cours des émeutes de lundi ont été libérées sans qu’aucune accusation ne soit portée contre elles. Il a ajouté que les autorités enquêteront à leur sujet et pourront éventuellement déposer des accusations.

Un porte-parole de la police, Eric Kowalczyk, a estimé le nombre de personnes libérées à plus de 80 mais le Bureau du Défenseur public du Maryland a soutenu que le total des libérations s’élevait plutôt à 101.

M. Batts a dit que 16 adultes et deux individus d’âge mineur ont été arrêtés au cours de manifestations pacifistes, mercredi.

Après avoir rencontré des hommes de foi et un avocat de la famille de Gray, la mairesse de Baltimore Stéphanie Rawling-Blake a déclaré que les autorités faisaient tout en leur pouvoir pour que l’enquête sur la mort du jeune homme soit la plus transparente possible. Elles ont promis d’informer la population sur ses développements.

La police a indiqué qu’elle remettra les résultats de son enquête au procureur d’État, vendredi.

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