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Turquie: Erdogan de nouveau seul au pouvoir

A supporter of the Justice and Development Party, (AKP), holds a portrait of Turkey's President Recep Tayyip Erdogan as people celebrate outside the AKP headquarters, in Istanbul, Turkey, late Sunday, Nov. 1, 2015. Turkey's ruling party secured a stunning victory in Sunday's snap parliamentary election, sweeping back into single-party rule only five months after losing it. The preliminary result, reported after nearly 99 percent of votes were counted, would show the ruling Justice and Development Party (AKP) had won more than 49 percent of the vote and was projected to get 316 seats in parliament, in a stunning victory. (AP Photo/Emrah Gurel) Photo: AP

Les Turcs ont réitéré dimanche leur confiance dans le parti qui les dirige depuis 2002, octroyant à l’AKP du président Recep Tayyip Erdogan la majorité parlementaire qui lui avait échappé en juin.

Après dépouillement de 97% des bulletins de vote, le Parti pour la justice et le développement (AKP, fondé en 2001 par M. Erdogan) récoltait 49,4% des suffrages et 316 sièges des 550 sièges que compte le parlement, faisant mentir les sondages qui lui prédisaient une victoire beaucoup plus modeste.

Les appuis à l’AKP ont grimpé de 9% par rapport à juin, assurant à celui-ci la capacité de gouverner seul, mais le privant d’une «super-majorité» qui lui aurait permis de modifier la constitution et d’octroyer davantage de pouvoir au président.

À l’annonce de la victoire, le premier ministre Ahmet Davutoğlu a simplement écrit «Merci à Dieu» sur Twitter, avant de prendre la parole devant des partisans réunis à Konya, sa ville natale.

M. Davutoğlu a promis de mettre fin à la rhétorique de division de son parti, jouant la conciliation après une campagne électorale qui a mis en relief la fracture sectaire et religieuse  divisant le pays. Les tensions entre la minorité kurde et la majorité turque ont atteint le point de rupture au cours de la campagne, le processus de paix initié par M. Erdogan volant en éclats.

Le premier ministre turc, dans un autre discours livré depuis la capitale Ankara hier soir, s’est également engagé à protéger les libertés civiles, mises à mal pendant la campagne aux dires de plusieurs détracteurs de l’AKP. Plusieurs journaux critiques du gouvernement et du président Erdogan ont été visités par les forces de l’ordre dans les derniers jours de la campagne, faisant craindre que l’AKP réprime encore plus durement la dissidence une fois reportée au pouvoir. «M.Erdogan semble agir comme un sultan et non comme un chef d’État démocratique», avait indiqué la semaine dernière à Métro Jabeur Fathally, professeur à la faculté de droit de l’université d’Ottawa.

Le HDP, un parti pro-Kurde de gauche qui avait coûté à M. Erdogan sa majorité au scrutin de juin, a récolté de justesse les 10 % qui lui permettent de rester au parlement. Le HDP a dénoncé les conditions dans lesquelles s’est déroulé le scrutin dimanche, critiquant également le climat d’insécurité et de violence qui a prévalu pendant la campagne

Depuis juin, deux attentats attribués à une branche locale d’État islamique (EI) ont visé des rassemblements pro-Kurdes, faisant plus de 130 morts. Les caciques de l’AKP, MM. Davutoğlu et Erdogan en tête, ont demandé un mandat fort afin d’assurer la stabilité et la sécurité du pays. Dans la ville kurde de Diyarbakir, l’annonce de la victoire de l’AKP a déclenché des manifestations entre les électeurs et la police. Un homme a été blessé par balle, selon l’Associated Press.

87% des 54 millions d’électeurs se sont rendus aux urnes, selon les résultats préliminaires. Quelque 385 000 policiers avaient été mobilisés pour assurer la bonne tenue du scrutin.

La Turquie est un allié important des États-Unis dans la lutte contre EI et héberge le plus grand nombre de réfugiés syriens. Le pays joue également un rôle essentiel dans les efforts pour mettre un terme à la guerre en Syrie et résoudre la crise des migrants en Europe.

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