Téhéran accuse Riyad de vouloir «cacher son crime»
La rupture des liens diplomatiques avec l’Iran ne permettra pas à l’Arabie saoudite de «couvrir son crime», a affirmé hier le président iranien, Hassan Rohani, faisant allusion à l’exécution, samedi, d’un éminent cheikh chiite.
Les commentaires de M. Rohani font suite à plusieurs jours d’escalade entre les deux puissances du Moyen-Orient. L’exécution du cheikh Nirm al-Nimr par Riyad a déclenché la colère du monde chiite, et certains manifestants ont pillé l’ambassade saoudienne à Téhéran en guise de représailles. Depuis, Riyad a coupé les ponts avec l’Iran, et plusieurs nations sunnites, une communauté religieuse dont l’Arabie saoudite se fait la gardienne, se sont rangés du côté saoudien.
Le Koweït a par ailleurs annoncé le rappel de son ambassadeur en Iran, hier, imitant ce que le Soudan et Bahreïn avaient fait la veille. L’Égypte a également serré les rangs derrière Riyad, qui finance son armée à hauteur de plusieurs milliards de dollars.
L’exécution du cheikh Al-Nimr a avivé le conflit sectaire qui oppose sunnites et chiites au Moyen-Orient, à un moment où l’Iran, où vit une majorité chiite, voulait célébrer la fin des sanctions américaines découlant du traité signé en juillet avec six puissances mondiales.
Un message à Téhéran
En exécutant le cheikh chiite Nimr al-Nimr, l’Arabie saoudite voulait sans doute adressé un message à l’Iran, a analysé Fawaz Gerges, directeur du centre sur le Moyen-Orient de la London School of Economics, dans les pages du New York Times hier.
«[Les 47 exécutions] ne servent pas l’intérêt de la région», indique le chercheur, pour qui l’embrasement régional risque de «déchirer le tissu social» saoudien, composé d’une majorité sunnite et d’une minorité chiite.
L’Iran et l’Arabie saoudite s’affrontent déjà sur le front yéménite, où des rebelles appuyés par Téhéran font face à une campagne militaire dirigée par Riyad.