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Panama Papers: Après les révélations, les États demandent des comptes

People gather to demonstrate against Iceland's prime minister Sigmundur David Gunnlaugsson, in Reykjavik on Monday April 4, 2016. Iceland's prime minister insisted Monday he would not resign after documents leaked in a media investigation allegedly link him to an offshore company that could represent a serious conflict of interest, according to information leaked from a Panamanian law firm at the center of an international tax evasion scheme. (AP Photo/Brynjar Gunnarsson) Photo: The Associated Press

La justice panaméenne a ouvert une enquête pour faire la lumière sur les pratiques de la firme Mossack Fonseca, de laquelle 11,5 millions de documents confidentiels révélant ce qui a toutes les apparences d’un vaste réseau d’évitement fiscal ont été publiés, dimanche.

«Les faits décrits dans des médias nationaux et internationaux sous l’appellation Panama Papers vont faire l’objet d’une enquête», a indiqué le ministère public du pays, lundi soir.

Plus tôt dans la journée, le président du Panama, Juan Carlos Varela, avait affirmé que son gouvernement n’a «aucune tolérance» pour les activités financières illégales. M. Varela a promis sa coopération dans toutes les procédures judiciaires qui concerneront cette affaire, qui a déjà ébranlé la planète entière.

Ouverture d’enquêtes
La France, l’Espagne, l’Autriche et l’Australie ont toutes annoncé lundi l’ouverture d’enquêtes en réponse aux allégations de blanchiment d’argent et de fraude fiscale faites dans le cadre des Panama Papers.

La Maison-Blanche a également indiqué qu’elle analysait les articles relatifs à l’affaire, sans offrir de commentaires particuliers au sujet de la fuite.

«Certains pays n’aiment pas que nous soyons aussi compétitifs pour attirer des compagnies.» -Ramon Fonseca, co-fondateur de la firme Mossack Fonseca et ancien ministre au sein du cabinet panaméen.

L’Islande réclame la tête de son premier ministre
Le premier ministre islandais, Sigmundur David Gunnlaugsson, a répété hier qu’il ne démissionnera pas dans la foulée de la publication de cette enquête, qui le lie à une entreprise extraterritoriale qu’il n’a jamais déclarée à la suite de son élection et qui le placerait en sérieux conflit d’intérêts.

Les allégations concernant le premier ministre Gunnlaugsson ont amené l’opposition à réclamer la tenue d’un vote de non-confiance au Parlement.

Lundi, dans le centre de Reykjavik, la capitale islandaise, le bruit des casseroles a retenti, alors que plusieurs milliers de manifestants réclamant la démission de leur chef d’État ont défilé dans les rues. La police évalue la foule à 8 000 personnes, les organisateurs à 22 000, deux nombres considérables quand on sait que Reykjavik compte à peine 330 000 habitants.

Comme si de rien n’était
En Russie, où de très proches amis du président Vladimir Poutine ont été éclaboussés par les Panama Papers, la majorité des journaux ont tu l’affaire, sauf le quotidien indépendant Novaya Gazeta. On estime que 3 G$ de fonds publics seraient en cause.
Le porte-parole de

M. Poutine, Dmity Peskov, a quant à lui mis les accusations dont son patron est victime sur le compte de la «poutinophobie» de l’Occident.

 

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