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Avoir les moyens de ses ambitions

Avoir les moyens de ses ambitions

Avez-vous, vous aussi, succombé à la fièvre du basket qui a frappé à peu près tout le monde en plein front au cours des dernières semaines? Difficile de résister. N’en fallait pas plus pour que s’élève le désir d’avoir une concession de la NBA à Montréal. Quand on traverse une panne de championnat comme celle qu’on vit depuis trop longtemps, c’est bien difficile de s’empêcher de rêver. Sauf que…

Il faudrait arrêter tout de suite de rêver aux paniers de trois points au Centre Bell. Pourquoi? Parce que les Mont­réalais n’ont absolument pas les moyens de se payer une autre équipe de sport professionnel. Simple comme tout. Imaginez le portrait. Sans compter les matchs présaison (et on ne s’infligera pas de peine en parlant des éliminatoires…), le Canadien, l’Impact et les pauvres Alouettes offrent déjà 67 rendez-vous aux amateurs de sports de Mont­réal. Et, contrairement à ce qu’on essaie souvent de nous faire croire, pas une de ces équipes n’a fait salle comble au cours de la dernière saison. Pas une fois. Ajoutez à l’équation qu’avec l’éventuel retour des Expos, l’amateur montréalais se fera offrir 81 rendez-vous de plus pour un total de 148 événements par année, ce qui ne tient déjà pas la route. Montréal a beau être une grande ville, avec le bassin de population dont elle dispose, elle n’est pas et ne sera jamais une très grande ville. Quand on m’apprend que le coût d’acquisition d’une franchise de la NBA à Montréal avoisinerait 2 G$, j’ose à peine imaginer à combien se chiffrerait le coût des billets, même pour les plus mauvais sièges.

Montréal a beau être une grande ville, avec son bassin de population, elle n’est pas et ne sera jamais une très grande ville.

L’élasticité du dollar-loisir a ses limites. Ça fait déjà un bout que le client montréalais les a atteintes. On aura beau me parler d’expérience client renouvelée, de sections VIP équipées de comptoirs à sushis phosphorescents et de shooters à prendre avec la tête en bas, il demeure que tant que le col bleu sera exclu d’office de la fête, faudra oublier tout autre ajout de club professionnel dans notre marché.

Avec le coût des billets qui ne cesse de grimper, le divertissement est plus que jamais un sport de riches. Dans les circonstances, Montréal n’a tout simplement pas les moyens de ses ambitions. C’est bête, mais c’est comme ça.

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La chroniqueuse Francine Grimaldi s’accordera une retraite bien méritée dès samedi prochain après plus de 40 ans de service à la radio d’État. Tous ceux et toutes celles qui ont travaillé un jour dans les rubriques culturelles lui doivent énormément. Infatigable vadrouilleuse, au poste du matin au soir, pusher de culture incomparable, elle a fait preuve d’un professionnalisme remarquable. Que les futures et futurs responsables du volet des arts puissent s’inspirer de son enthousiasme. Les visionnements de presse ne seront plus tout à fait pareils sans ses éclats de voix et ses commentaires livrés à voix haute dans l’obscurité. Un hommage de l’ADISQ – ou au moins une chaleureuse salutation à l’occasion du prochain gala – serait tout à fait de mise. Elle a fait vendre plus de billets que quiconque par ses recommandations.

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Je fais une petite pause pour les prochaines semaines. J’ai déjà hâte de vous retrouver. D’ici là, sortez, envahissez les parcs, allez voir des shows, faites la fête partout et pour toutes les raisons. Et, surtout, ne soyez pas sages! À bientôt!

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