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1969-2019 et puis après…

1969-2019 et puis après…

20 juillet 1969. Les Américains remportent le pari ultime et envoient un Terrien se promener sur la Lune. Tard le soir, nous sommes tous littéralement scotchés à nos téléviseurs, les images nous étonnent parce que l’exploit dépasse, et de loin, tout ce qui était jusque-là plausible. J’ai souvenir encore des tapes qu’on me donnait sur l’épaule pour m’empêcher de m’endormir. «Manque pas ça, tu vas t’en rappeler toute ta vie…» Les mots, ces mots, résonnent encore dans ma mémoire chaque fois que j’y pense.

Juillet 2019. Le président fou du pays d’en-bas passe son été à tweeter comme un ado désœuvré. Là, c’est la teneur de ses propos qui dépasse largement ce qui était jusque-là sans précédent. Il invite des élues démocrates d’origine étrangère à retourner d’où elles viennent. Il menace des sans-papiers de les expulser et joue avec leur destin pour se faire du capital politique en vue des prochaines présidentielles. Cette fois-ci, ce sont les images nous montrant les conditions de détention de ceux et celles qui sollicitent le statut de réfugié qui soulèvent l’indignation.

Mai 1969. Le gouvernement du premier ministre Trudeau père passe le Bill omnibus qui décrète que «l’État n’a rien à faire dans les chambres à coucher de la nation». Cette loi décriminalisait entre autres l’homosexualité et faisait un premier pas vers la légalisation de l’avortement, qui se concrétisera en 1988.

Juillet 2019. Les cinémas Guzzo présentent le film Unplanned dans cinq salles de la région de Montréal. Vincent Guzzo, le propriétaire de la chaîne, invoque le droit de débattre de la liberté d’expression pour justifier la programmation de ce film anti-avortement. En entrevue à Radio-Canada, M. Guzzo a déclaré : «Je pense que c’est un film typiquement américain de catégorie B, que si ce n’était pas pour la controverse qu’on a voulu lui faire […] je pense que beaucoup de monde n’aurait même pas voulu aller le voir.»

Question : si, hors de la controverse, beaucoup de monde n’aurait même pas voulu aller le voir, pourquoi donc le programmer? Pour provoquer? Pour faire parler d’un navet qui avait terriblement besoin de publicité? Allez donc savoir…

Cinquante ans, déjà. Et cette étrange impression qu’on n’avance pas toujours vers l’avant…

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Vu (1) : Marianne & Leonard : Words of love, un documentaire qui nous raconte la longue histoire de l’attachement entre Leonard Cohen et sa muse – et amoureuse – Marianne Ihlen (oui, oui, celle de So long, Marianne), tous deux décédés à trois mois d’intervalle en 2016.

Entre la passion, les séparations et le chaos libertin des années 60 et 70, ce film est aussi la chronique d’un temps où l’on ne se refusait rien. Où l’amour en paiements différés a laissé des cœurs qui fuyaient de partout et des lendemains qui ont finalement coûté très cher à ceux et celles qui ont plongé dans le buffet des excès avec un peu trop de ferveur. Ce film (merveilleusement bien documenté et bourré de témoignages touchants) est magnifique, voire bouleversant à certains égards. La morale de cette histoire: Même si elle fait parfois des beaux morts, la liberté tue.

C’est présenté au Beaubien, au Cinéma du Parc et dans quelques autres salles à Montréal.

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Vu (2) : le film Menteur d’Émile Gaudreault avec, entre autres, Louis-José Houde et Antoine Bertrand. La mythomanie étant un sujet tellement riche, j’aurais vraiment aimé vous dire que c’est bon. Hélas, malgré l’impressionnant box-office du premier week-end, je devrai afficher ma dissidence.

Avec un scénario alambiqué et des dialogues qui sonnent souvent faux, cette comédie prétendument toute légère se promène en traînant de lourds souliers de plomb. Tous les comédiens impliqués ont déjà été bien meilleurs ailleurs à l’exception de Catherine Chabot (une fort belle découverte) et d’Anne-Élizabeth Bossé qui, fidèle à son habitude, nous offre au moins deux moments d’anthologie.

Mais pour le reste, ouf… Et je serais menteur de vous dire que ça riait beaucoup quand j’y suis allé.

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La direction des Alouettes a enfin réglé un problème majeur en projetant le directeur général Kavis Reed hors du nid. Peu importe la raison de son départ (on parle de passes budgétaires irrégulières), le monsieur n’aurait jamais dû être embauché. Sous sa gouverne, le club est passé à «ça» de mettre fin à ses opérations. Et les cicatrices du massacre risquent de paraître encore un bon bout de temps.

Cela dit, ce congédiement marque le meilleur coup de marketing de l’organisation depuis fort longtemps. Le respect des partisans demeure encore le meilleur outil de promotion. Et, pour la première fois depuis des lustres, j’ai envie de retourner au stade Percival-Molson.

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