Dalila Awada
10:45 6 août 2019

Les justicier.ères de la rue Beaudry

Les justicier.ères de la rue Beaudry

À un jet de pierre de la station de métro Beaudry, il y a une porte vitrée au contour métallique. Elle est un peu reculée dans une cavité de béton et n’attire pas l’attention. Mais ce qui se passe derrière cette porte est exceptionnel. Depuis le début des années 80, c’est là que loge le cabinet d’avocat.es Ouellet, Nadon et Associé.es.

Un bureau qui représente une clientèle variée et, surtout, des personnes vulnérables et marginalisées. L’équipe multigénérationnelle se démène sans relâche pour défendre des travailleurs, des personnes au chômage, sur l’aide sociale ou même en situation d’itinérance.

On devine donc qu’une grande partie de la clientèle a recours à l’aide juridique, un service public permettant aux personnes à faible revenu d’être conseillées ou représentées.

Récemment, le revenu qui correspond au seuil d’admissibilité au Québec a augmenté, c’est-à-dire que davantage de gens peuvent y avoir accès. Une excellente nouvelle, bien sûr. Mais le montant qui est payé aux avocat.es reste largement insuffisant par rapport au travail qui est effectué. Depuis les années 70, les montants n’ont pas beaucoup changé et n’ont, de fait, même pas été indexés pour couvrir l’augmentation du coût de la vie.

En dépit de cela, des avocat.es continuent, par choix, de travailler avec des mandats d’aide juridique et de se battre pour leurs clients.

Le cabinet, qui a plus d’une corde à son arc, a un long historique de défense de manifestants ayant subi des arrestations de masse. Ouvriers, étudiants, et maintenant les citoyens engagés dans la cause environnementale. On peut faire le triste pari que ce genre de défense sera de plus en plus nécessaire à mesure que les actions pour le climat se multiplieront…

Il va sans dire, ce cabinet est un véritable maillon de la solidarité sociale. Un endroit qui fait une différence concrète et positive dans la vie de tellement de gens.

Dans les deux dernières années, j’ai eu l’occasion d’y passer un peu de temps. La dureté des réalités vécues par les clients n’interdit pas pour autant une atmosphère chaleureuse. Je crois que les gens savent, en entrant là, qu’ils seront entre bonnes mains. C’est palpable. La profession d’avocat y apparaît sous son meilleur jour, noble et consciencieux.

Et franchir cette fameuse porte est un apprentissage toujours renouvelé sur le sens des mots justice et solidarité.

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