In Libro Veritas
08:57 6 mai 2020 | mise à jour le: 6 mai 2020 à 09:49

Ta gueule, démocrate

Ta gueule, démocrate

Tout ceci a commencé, l’inverse aurait été impensable, par un vaste sentiment d’incrédulité. Un virus venu de Chine sur le point de raser temporairement, on se le souhaite, l’activité économique, culturelle, sportive et autres? Mettre sur pause l’interaction humaine ou presque, en bref? Apparemment.

Les réactions collectives, en Occident, devaient ensuite présenter d’étranges similitudes d’une région à l’autre: le rassemblement autour du ou de la leader. Rien deplus normal, en fait. La crainte, l’angoisse et l’anxiété provoquées par une saloperie du genre, laquelle laisse d’ailleurs encore flotter la science dans un large bain d’incertitudes, amène invariablement l’électorat – d’aucuns préféreraient l’emploi des termes société ou nation – à se «regrouper». On met ainsi de côté les querelles idéologiques, les broutilles partisanes, les objections souvent bancales ou insignifiantes. Tous et chacun rament ainsi, sous les directives du Lider Maximo, dans la même direction: celui du bien commun.

À l’instar de ses contemporains, le peuple québécois ne devait faire exception à la règle, et c’est tant mieux. Parce que sans cohésion sociale, voire assujettissement aux néo-règles d’État, même celles à saveur drastiques, le virus aura déjà, force est de prévoir, remporté la partie.

Or, comme chaque chose dans la vie souffre ou bénéficie immanquablement d’un corollaire, il en va de même pour cet assujettissement collectif. Poussé à un niveau trop élevé, celui-ci pourrait être assimilé à… une anesthésie généralisée.

Ainsi, et même s’il est raisonnable de croire à certaines erreurs majeures sur le point d’être commises, exit la possibilité de critiquer le gouvernement québécois, ce dernier faisant manifestement office de seul palier respecté et respectable, celui géré par Trudeau n’étant bon qu’à mitrailler les chèques jusqu’à plus soif.

En fait, quiconque osera présenter une critique quelconque de la présente gouvernance québécoise en sera quitte pour une sacrée volée de bois vert (pas Yves, l’expression).

On l’accusera de partisanerie (euh?), de faire davantage partie du problème que de la solution, et d’être de toute manière incapable de faire mieux que Legault et cie (comme si le citoyen n’était pas en droit de s’attendre à ce que ses leaders fassent mieux que lui…).

«Recette parfaite, si vous souhaitez mon avis, pour une catastrophe annoncée.»

Si ceci explique effectivement cela, aucune surprise à constater le mutisme quasi-complaisant des partis d’opposition et (trop souvent) des médias envers l’action gouvernementale.

Recette parfaite, si vous souhaitez mon avis, pour une catastrophe annoncée. Parce que si la propension au regroupement collectif (simple image, inutile de dénoncer aux flics) se veut souhaitable, reste que l’à-plat-ventrisme, l’auto-censure et et la déification de nos dirigeants provoquent un climat délétère pour la suite de nos vies démocratiques et État de droit. Comment ces derniers peuvent-ils opérer sans les pierres d’assise de sens critique, du refus de complaisance, d’une liberté d’expression absolue, c’est-à-dire délestée d’auto-censure?

Pourtant, au moment d’écrire ces lignes, le Québec souffre du plus haut taux de mortalité en Amérique, Montréal est un épicentre de la crise, la situation en CHSLD est absolument pitoyable, et le Dr Arruda s’est joyeusement planté avec la question des masques, du «pic», et de «l’immunité collective», se vantant de surcroît, mensonge à l’appui, d’avoir «sauvé entre 30 000 et 60 000 vies».

Alors qu’une réaction normale devrait vasciller entre frustration et reddition de comptes, le bon docteur se retrouve submergé, pour son plus grand plaisir, d’invitations à une pléiade de shows populaires.

Et pendant que l’on rigole avec le sympathique toubib, l’hécatombe se poursuit d’emblée, le retour à l’école primaire et aux garderies est maintenant imminent, et se prépare la surveillance policière par voie électronique, le tout à grands coups de gouvernance par décrets…

– BÉRARD!!!

– Quoi?

– Y FONT UNE BONNE JOB, OK LÀ?!?

– Okidou.

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