Le Sportnographe
10:17 3 février 2014 | mise à jour le: 3 février 2014 à 13:41 temps de lecture: 3 minutes

Superbowl: halte aux accommodements déraisonnables

C’est la tradition depuis quelques années: la fin de semaine du Superbowl, Canadien joue en après-midi pour accommoder ceux qui ont, dans la vie, à la fois le temps de suivre le hockey et le football (des gens qui n’ont sûrement pas une famille à s’occuper de).

Les inconvénients sont nombreux pour ceux qui sont habitués à regarder leur hockey lorsqu’il fait noir et le principal est certainement que de boire de la bière en après-midi, ça vous scrappe une fin de journée. Surtout qu’après huit bières, se faire dire qu’on regarde «la soirée du hockey» en plein milieu de la journée risque d’induire une forme bénigne de délirium trémens au téléspectateur.

«Oui, mais le Superbowl, ce n’est qu’une fois par année, on peut bien accepter qu’il fasse de l’ombre à Canadien un instant, non?».

Oui, mais non. C’est qu’hier, le Bowl n’était pas si Super que ça. En fait le spectacle était tellement pathétique que Richard Martineau a cru bon s’exclamer sur Facebook: «36-0???? Are you fucking me?». On ne sait pas trop ce que ça veut dire, mais c’est un bon indicateur de la débandade des Broncos.

Parce que ce fut la déroute pour les Broncos de Denver. Une déroute, pour cette ville du Colorado, qui n’aurait pu être pire que si l’Avalanche avait fait l’acquisition de Rene Bourque la semaine dernière, comme le suggérait quelqu’un sur Twitter.

 

Canadien, de son côté, a perdu, peu habitué qu’il est de jouer à une pareille heure contre une équipe de la Saskatchewan du Manitoba. Reste que Michel Therrien a «beaucoup aimé l’intensité qu’on a déplorée» et le spectacle fut bien meilleur que celui du Superbowl, à part pour le bout de la mi-temps orchestré par une compagnie montréalaise. Parce que lorsqu’il y a quelque chose de montréalais, on aime ça.

Tout ça pour dire que Canadien doit cesser de se mettre à genoux devant le puissant lobby de la NFL. Jouer en après-midi est l’un de ces accommodements déraisonnables qu’il faut dénoncer si l’on ne veut pas perdre notre culture aux mains d’un sport étranger. L’an prochain, le Superbowl, c’est sur RDS2 qu’il s’en va.