Maïtée Labrecque-Saganash
03:30 24 janvier 2020 | mise à jour le: 23 janvier 2020 à 23:33 temps de lecture: 3 minutes

Tous les regards vers Unist’ot’en

Tous les regards vers Unist’ot’en

Plus tôt en décembre, The Guardian publiait un dossier exclusif sur les tactiques policières envisagées, lors du raid du 7 janvier 2019, au camp Unist’ot’en.

Selon les dossiers obtenus par le journal, la Gendarmerie royale du Canada était prête à tirer sur les Autochtones qui – encore aujourd’hui – sont présents au camp érigé contre le pipeline Coastal GasLink.

Les policiers avaient aussi reçu l’ordre d’utiliser toute la violence nécessaire contre la barricade. Un an plus tard, l’escalade se poursuit, alors que la GRC bloque maintenant l’accès à trois sites où se trouvent des membres de la Wet’suwet’en. Et ça, ça se passe dans une province où on a récemment adopté la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones.

Je me rappelle bien des débats à la Chambre des Communes, lorsqu’on essayait de faire passer le projet de loi C-262 sur l’harmonisation des lois fédérales avec la Déclaration.

Les principaux arguments de ses détracteurs portaient surtout sur les articles concernant les droits territoriaux et la gestion des ressources.

Les conservateurs estimaient que la Déclaration donnait trop de pouvoirs et un droit de veto aux Autochtones sur des projets comme des oléoducs.

Les politiciens et Canadiens qui ont quelque chose contre les droits inhérents des Autochtones peuvent se réjouir, car visiblement, on peut adopter la Déclaration sans vraiment la mettre en œuvre, comme dans le cas de la Colombie-Britannique.

L’état de la situation étant que la GRC est prête à tirer sur des innocents et qu’elle restreint l’accès des Autochtones à leur propre territoire. J’espère que je ne suis pas la seule à capoter.

Une relation de nation à nation, ce n’est pas avoir des armes d’assaut pointées vers des gens qui essaient simplement de protéger leur territoire. Protéger ton territoire pacifiquement peut être une raison valable pour te faire ficher comme «extrémiste autochtone», selon la GRC. Une vraie farce.

Le premier ministre de la Colombie-Britannique, John Horgan, a dit que Coastal GasLink avait tous les permis nécessaires pour aller de l’avant avec la construction du gazoduc, ignorant ainsi les décisions des chefs héréditaires de la nation Wet’suwet’en.

Au lieu de désamorcer la situation, John Horgan laisse la GRC se préparer pour un autre raid et bloquer l’accès aux journalistes qui essaient de se rendre sur le territoire, sachant très bien que la dernière fois, les policiers étaient prêts à utiliser une force létale.

C’est dangereux, et la situation rappelle celle de la crise d’Oka. Les chefs héréditaires ont aussi demandé à la GRC de quitter leur territoire, alors que ceux-ci ne peuvent même plus passer les points de contrôle de la police.

Je me demandais bien comment ça allait se passer en Colombie-Britannique, à la suite de l’adoption de la Déclaration. J’espérais quelque chose de meilleur pour les Autochtones, qui doivent mettre leur vie en danger pour protéger leur territoire ancestral.

L’état de la situation étant que la GRC est prête à tirer sur des innocents et qu’elle restreint l’accès des Autochtones à leur propre territoire. J’espère que je ne suis pas la seule à capoter.

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