Sylvain Ménard

Les écrans de fumée

Les écrans de fumée
Photo by: Chris Young/La Presse canadienneCHRIS YOUNG / La Presse Canadienne

Les temps sont durs pour nos dragons. Il y en a un qui passe son temps en cour pour répondre de ses activités extraprofessionnelles tandis que l’autre se demande encore combien de temps sa compagnie de taxis déficitaire va continuer à pomper du fric.

Pendant ce temps, le plus jeune de la gang s’est fait pincer dans une enquête de La Presse qui a révélé qu’un logiciel, avec lequel il a fait fortune, contrevenait à la Loi sur la protection des renseignements personnels, et là, c’est au tour d’une entrepreneure de la parure de prendre une sérieuse débarque du palmarès des fleurons bien de chez nous en repartant avec son p’tit bonheur dans sa sacoche. Mais où est François Lambert – Monsieur de quoi j’me mêle – quand on en a besoin.

Depuis l’annonce de sa déconfiture, on pourra dire que Caroline Néron s’est fait payer une méchante traite sur les divers réseaux de démolition. Ce qu’on a pu y lire est épouvantable, mais bon, ç’a l’air que collectivement, on en est rendus là. Qui vit dans l’œil du public meurt écrasé par le public. Comme le disait Félix: «Le plaisir de l’un, c’est de voir l’autre se casser le cou.» Surtout quand il tombe de haut.

Caroline Néron n’est ni la première ni la dernière à échapper ses billes sur le parquet. Elle n’est pas non plus la seule à avoir masqué ses impairs en affaires derrière un écran de boucane. Le milieu de la business est bourré de patentes qui brillent de loin, mais qui sont loin d’être brillantes quand la fumée de la bullshit se dissipe. Des compagnies qui ne tiennent qu’à un fil et qui décrochent d’un coup sec, y en a des tas. N’oublions pas que les mots «firme» et «frime» s’écrivent presque pareil.

On n’a qu’à les voir se remettre des médailles, des plaques et des titres d’hommes ou de femmes d’affaires de l’année alors que leur bilan est tout autre. Regardez-les donner des conférences afin de partager leur recette de la réussite. Regardez-les participer à des émissions de télé afin de partager le secret de leur succès. Regardez-les se regarder…

Vous ne les voyez pas? Soufflez sur l’écran de fumée, ils finissent toujours par se montrer sous leur vrai jour.

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Suggestion de sortie: le spectacle Beautiful: The Carole King Musical, qui fera un arrêt à la Place des Arts du 12 au 17 février prochain.

Ce show fait un malheur sur Broadway depuis déjà quelques années. Pour l’avoir vu à quelques reprises, je ne peux que vous recommander chaudement cette très bonne comédie musicale consacrée à l’œuvre colossale de Carole King. Quand on parle d’une véritable machine à hits, en voici une. (Note: le spectacle est présenté dans un anglais trèèèèès accessible.)

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Yann Moix est un écrivain français qui fait aller sa grande gueule en tant que panelliste à l’émission On n’est pas couché, animée par Laurent Ruquier.

C’est lui qui, tout récemment, a confié en entrevue qu’il serait incapable de tomber amoureux d’une femme de 50 ans. Trop vieille, pas assez ceci, trop cela, qu’il disait. On rappelle que le sympathique garçon est lui-même quinquagénaire.

En fin de semaine, un peu ébranlé par la vague de réprobations que son commentaire méprisant et imbécile a pu susciter, Son Excellence en a ajouté une couche en déclarant: «Si j’avais milité pour la résurrection d’Hitler, j’aurais eu moins de problèmes!»

Savez-vous comment on mesure l’épaisseur d’un con? En mesurant jusqu’où il creuse son propre trou.

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