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Le système de santé pourrait s’effondrer

Si rien n’est fait pour revoir les coûts du système de santé québécois, ce dernier risque de s’effondrer entre 2024 et 2034.

C’est l’une des conclusions d’une étude sur les coûts du système de santé, des maladies chroniques et du cancer dévoilée mardi par la Coalition Priorité Cancer au Québec. L’étude évalue que les dépenses provinciales en santé monteront à 57,950M$ d’ici à 2034, accaparant ainsi 65,5% des revenus totaux de l’État.

«Ce n’est pas soutenable d’avoir un budget de la santé qui occupe une aussi grande part des budgets de l’État. On n’aura plus assez d’argent pour soigner tout le monde ou pour faire les choix de société qu’on fait aujourd’hui», a affirmé l’économiste Pierre Boucher, auteur de l’étude.

Pour le moment, 42% des dépenses directes en santé au Québec seraient attribuables aux maladies chroniques, dont fait maintenant partie le cancer à cause de l’augmentation des taux et de la durée de survie. Cette part devrait grandir avec le vieillissement de la population.

Cette étude évalue par ailleurs à 4,2G$ les impacts économiques du cancer en 2013. Ces coûts incluent notamment ceux qui pèsent sur le système de santé (établissements, médecins, médicaments, soins), ceux liés à la baisse du taux d’emploi et ceux liés aux décès prématurés.

Les coûts du cancer et des maladies chroniques ne sont pas seulement un fardeau pour l’économie du Québec, mais aussi pour chaque patient. «Ce que j’ai dû subir du point de vue financier a été presque aussi dommageable que la maladie elle-même, a témoigné Dominique Sigouin, survivante du cancer et membre du comité patients et survivants de la Coalition. Je ne pouvais plus gagner ma vie et mon conjoint aussi a dû arrêter de travailler.»

Les coûts des médicaments devraient d’ailleurs doubler dans les prochaines années, d’après les chiffres de l’Institut national d’excellence en santé et services sociaux (INESSS).

La Coalition demande aux partis politiques des actions concrètes sur cette question qu’elle trouve urgente. «Quelles mesures comptent-ils mettre en place pour ne pas qu’on fonce dans un mur budgétaire en termes de soins de santé?», a questionné Nathalie Rodrigue, présidente de la Coalition.

L’organisme propose des pistes de solutions comme l’utilisation des autres types de professionnels pour les services de première ligne, l’identification et l’élimination du gaspillage et du surdiagnostique, un virage vers les soins à domicile et des investissements dans la prévention et le dépistage des maladies chroniques.

«Ça prend des mesures radicales dès maintenant. Le modèle québécois en santé ne fonctionne pas», a pour sa part affirmé M. Boucher.

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