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La santé des femmes plus affectée par l’environnement

La santé des femmes plus affectée par l’environnement
Photo by: Métro

La santé des femmes serait plus affectée que celle des hommes par la pollution et les produits chimiques. Le Dr John Molot, médecin à la Clinique de santé environnementale du Women’s College Hospital de Toronto, a expliqué à Métro les raisons de cette particularité et les moyens de se protéger.

Quelle est la principale manière dont notre environnement menace notre santé?
Nous sommes exposés quotidiennement à des centaines de contaminants qui se logent dans notre corps. À l’extérieur, il y a l’ozone et les particules fines. Dans les bâtiments, il y a des produits chimiques un peu partout: dans le plastique, les ignifuges, les pesticides, les antitaches, les vêtements, les matériaux utilisés pour construire nos maisons. Il y a aussi des contaminants dans notre nourriture.

La littérature scientifique des cinq dernières années révèle que la combinaison de tous ces contaminants provoque des changements dans nos cellules et dans la façon dont nos gènes fonctionnent. Cela nous prédispose à développer des maladies chroniques, comme les maladies cardiovasculaires, respiratoires et neurologiques. Plus vous habitez près d’un grand axe de circulation, plus vous risquez de souffrir de ces maladies. Les enfants sont de leur côté plus à risque d’avoir des troubles du développement, comme l’autisme.

Pourquoi les femmes sont-elles plus affectées que les hommes?
Pour plusieurs raisons. Nous avons tous un métabolisme qui nous permet de nous débarrasser de ces produits toxiques, mais l’organisme des femmes ne se détoxifie pas aussi facilement que celui des hommes. Par exemple, les reins des hommes effectuent un meilleur nettoyage que ceux des femmes.

Deuxièmement, les femmes sont généralement plus exposées que les hommes aux produits chimiques. Vous êtes-vous déjà demandé où disparaissait votre rouge à lèvres une fois que vous l’avez appliqué? Vous en avalez et en respirez une partie. Non seulement les femmes appliquent-elle davantage de produits chimiques sur leur corps, mais elles ont aussi tendance à faire plus de ménage et de lavage que les hommes, ce qui les expose à plusieurs produits nettoyants. Enfin, les produits chimiques qui ne sont pas éliminés par le corps sont emmagasinés dans le gras, et les femmes ont habituellement un pourcentage de gras plus élevé. Les hommes ont tendance à avoir plus de muscles.

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Que faire pour se protéger contre ces contaminants?
La chose la plus importante à faire est de réduire notre exposition à ces produits. Utilisez-les le moins possible, procurez-vous un meilleur système de ventilation, mangez des aliments biologiques, arrêtez d’entreposer votre nourriture dans du plastique. Ensuite, purifiez-vous par la sudation, en faisant de l’exercice ou en allant au sauna. En outre, il est souhaitable de soutenir son système de détoxification avec des antioxydants, notamment en mangeant des fruits et des légumes. Finalement, les gens présentant un surplus de poids devraient travailler à le perdre.

Les sonneurs d’alarme

À l’occasion de la journée des hypersensibilités environnementales, qui a lieu aujourd’hui, le Dr Molot donnera une conférence à l’Université McGill, organisée par l’Association pour la santé environnementale du Québec (ASEQ). Cette organisation représente notamment des milliers de personnes au Québec qui se disent hypersensibles aux produits chimiques et aux moisissures.

Par exemple, l’époux de Rohini Peris, présidente de l’ASEQ, a dû appeler il y a quelques jours un médecin d’urgence parce qu’elle n’était plus capable de respirer après avoir été exposée à un parfum.

Le Dr Molot dit avoir traité plus de 12 000 patients présentant de telles hypersensibilités. Dans son livre intitulé 12 000 Canaries Can’t Be Wrong, qui sera disponible en anglais en juin, il les décrit comme des sonneurs d’alarme. «La majorité des gens ne ressentent pas directement les effets nocifs des produits chimiques, mais si nous continuons à y être exposés, nous deviendrons malades. Ces gens-là les ressentent et nous en avertissent», affirme-t-il.

12-000-canaries-can't-be-wrong12,000 Canaries Can’t Be Wrong: What’s Making You Sick & What You Can Do About It
Disponible en juin

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