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Essai d’Helix: Vidéotron se prépare pour demain

Essai d’Helix: Vidéotron se prépare pour demain

Vidéotron modernise ses services internet et télé avec l’arrivée d’Helix, une plateforme moderne qui pourra s’adapter à mesure que les besoins du fournisseur et de ses clients évolueront. Voici mes impressions, après deux semaines d’utilisation.

Dix mois après son annonce initiale, Vidéotron a finalement lancé mardi Helix, sa nouvelle plateforme pour la télé et l’internet qui pourra aussi avec le temps servir à la téléphonie maison et à ses futurs services de domotique.

La télé avant tout

Le petit terminal Helix TV n’est pas très gros comparé aux anciens terminaux illico, mais la différence entre les deux technologies est de taille. Avec Helix, Vidéotron s’est doté d’une vraie plateforme IP, où la télé traditionnelle, le Club illico, YouTube et Netflix coexistent au même endroit.

Il s’agit ni plus ni moins d’une plateforme pour télé intelligente, à la manière de Roku, Fire TV ou Apple TV, mais où les chaînes traditionnelles (diffusées par internet) sont entourées d’applications choisies par Vidéotron. Helix est basée sur la plateforme Xfinity X1 du fournisseur américain Comcast.

Dans ses publicités, Vidéotron met particulièrement l’accent sur sa nouvelle recherche vocale, et ce n’est pas pour rien. Émissions à la carte ou en direct, acteurs, postes de télé : tout peut être cherché par la voix simplement en appuyant sur un bouton de la télécommande universelle Helix.

La compréhension du français québécois m’a agréablement surpris. À l’exception d’une seule fois où j’ai recherché un film qui n’existait pas en ligne, chacune de mes recherches ont été reconnues dès le premier essai, et ce, tant pour le contenu francophone que les chaînes et les émissions anglophones (et même en essayant avec un accent à couper au couteau).

Parmi les autres nouveautés intéressantes, notons l’arrivée d’un mode pour enfants qui limite le contenu accessible. Une application pour le sport permet aussi de voir les résultats en direct et de syntoniser les matchs directement. J’ai aussi aimé qu’il soit possible d’ajouter du contenu à ses favoris et d’afficher les émissions « tendances ».

L’application mobile m’a également impressionné. Celle-ci permet de regarder la télé en direct (certaines chaînes sont toutefois restreintes au réseau local à la maison), de visionner du contenu à la carte et d’accéder à ses émissions et films enregistrés. Détail étonnant, ce contenu peut même être téléchargé sur son appareil mobile pour être regardé sans connexion internet ou lorsqu’on ne souhaite pas utiliser toutes ses données mobiles. Voilà une belle surprise.

Pour le reste, les utilisateurs ne seront pas trop intimidés. Le guide et les enregistrements fonctionnent comme on s’y attend, il est possible de mettre la télé en direct sur pause et les services d’accessibilités sont complets. Notons que Helix TV est compatible 4K, mais que le contenu sur le réseau de Vidéotron est pour l’instant rarissime.

J’ai quelques petits problèmes avec la manette, dont le design m’a semblé d’une piètre qualité. Les boutons pour allumer et changer l’entrée de la télé sont minuscules, par exemple, et plusieurs boutons sont indéchiffrables à première vue. L’avancement et le recul automatique fait aussi des bons de 5 minutes à la fois, il est donc difficile de faire rejouer facilement quelque chose que l’on a mal entendu, par exemple (mise à jour : comme un lecteur me l’a fait remarquer, il est possible de modifier le temps des sauts en appuyant sur les touches Exit Exit Exit 0 0 3 0 afin de faire des bonds de 30 secondes).

Netflix est aussi présent sur la plateforme, mais il faut littéralement appuyer sur 10 boutons à partir de la télé fermée pour y accéder. C’est trop. Remarquez que Club illico n’est guère mieux, puisque l’application est accessible après 9 clics.

Un routeur amélioré

Pour profiter d’Helix TV, il faut aussi s’équiper du nouveau routeur Helix-Fi (et d’une connexion Internet). Notons ici que l’écoute de télé n’affecte pas vos données consommées, ni la vitesse de votre internet. Si vous payez pour une connexion de 200 Mbit/s, vous aurez 200 Mbit/s même si vous possédez quatre terminaux Helix TV qui écoutent du contenu 4K en même temps.

Le routeur est une tour quand même assez haute, dans laquelle on branche le câble. Celui-ci offre aussi deux ports Ethernet et deux ports téléphoniques (une fonction qui ne devrait toutefois pas être activée avant plusieurs mois).

Le routeur est un routeur maillé, auquel peuvent être ajoutés trois petites bornes permettant d’augmenter la couverture Wi-Fi. Celles-ci seront vendues 3 pour 216$ dès le mois de septembre. Je n’ai malheureusement pas été capable de les essayer avant leur lancement.

J’ai été capable de faire quelques tests avec le routeur principal cependant. Il y a du bon et du moins bon. D’abord les fleurs : l’installation est simple (et c’est Vidéotron qui s’en occupe de toute façon), et une application mobile assez complète est offerte en téléchargement. Celle-ci est du calibre de celles que l’on retrouve avec les réseaux maillés comme les Google Wifi, par exemple. Le contrôle parental est assez avancé, il y a des fonctionnalités de sécurité (un peu floues), des statistiques complètes, etc. Rien que vous ne retrouverez dans le commerce, mais pour un routeur de fournisseur Internet, c’est très honnête.

Malheureusement, le routeur est supposé ajuster intelligent sur quel réseau les appareils doivent se connecter pour profiter de la vitesse la plus rapide possible. Ce n’est pas exactement ce qui se passe. Pardonnez le jargon pour quelques instants, mais Helix-Fi relie en fait les appareils sur le réseau 2.4 Ghz dès que le signal diminue, et restreint le signal 5 GHz aux appareils tout près de lui.

Résultat? Dans un appartement montréalais d’une taille moyenne, mon téléphone ne dépasse pas les 10 Mbit/s dans mon bureau lorsque le routeur est dans le salon au bout du couloir et qu’il gère lui-même les réseaux d’une façon « intelligente ». Si je modifie les paramètres pour forcer mon téléphone à se connecter au réseau 5 GHz, j’obtiens 200 Mbit/s peu importe où je suis.

Bref, ce n’est pas un gros problème, mais faites quand même quelques essais avant d’investir 216$ dans des bornes relais qui ne seront peut-être pas nécessaires, finalement.

Notons que le réseau devait prendre un certain temps pour s’adapter. Ce n’était pas supposé être aussi long, mais Il n’est pas impossible que celui-ci demande plus que deux semaines pour le faire. J’ai remis les paramètres par défaut, et je mettrai ce test à jour si la situation change avec le temps.

Quel futur pour Helix?

Le plus grand intérêt d’Helix est toutefois la possibilité pour Vidéotron d’y rattacher d’autres services avec le temps. En regardant du côté de Comcast, qui a développé la plateforme, on peut avoir une petite idée de ce qui s’en vient.

Chez Comcast, le service Xfinity X1 peut par exemple être équipé de caméras de surveillance pouvant être regardées sur sa télé directement. La plateforme est aussi compatible avec des services de domotique tiers, soit Nest et Philips Hue. On se doute que Vidéotron compte offrir les mêmes services, mais on ignore quand le fournisseur le fera et quelles sont ses ambitions exactes. Bref, peut-être qu’Helix sera un jour au centre des maisons connectées, mais il serait très étonnant que la plateforme se rapproche de ce qu’Amazon, Apple et Google ont à offrir.

L’autre grande question est de savoir à quel point Vidéotron ouvrira sa plateforme aux services de diffusion . L’entreprise québécoise espère que sa plateforme, qui intègre déjà Netflix et YouTube, satisfera ses abonnés et que ceux-ci n’auront pas besoin de s’acheter une console supplémentaire, comme une Apple TV ou une Chromecast Ultra, ce qui pourrait ensuite faciliter leur débranchement au câble.

Mais qu’en sera-t-il de Disney+ ou d’Apple TV+, deux services très attendus au cours des prochains mois? Et de Tou.TV?

L’idée qu’Helix TV intègre plus que le câble traditionnel a ses charmes, mais Vidéotron aura certainement des doutes quand viendra le temps de décider s’il facilite ou non l’entrée de ses concurrents chez ses clients.

La borne Helix-Fi est vendue 252$ sans entente, et le terminal Helix TV 180$, mais les deux appareils peuvent aussi être payés en 36 versements pour 12$ en tout par mois. Vidéotron offrira aussi des rabais de lancement et d’autres promotions. Après tout, on ignore si Helix atteindra son plein potentiel, mais la plateforme représente quand même dès aujourd’hui une belle amélioration par rapport à ce qui est offert en ce moment.