Santé
17:30 9 octobre 2020 | mise à jour le: 9 octobre 2020 à 17:41 temps de lecture: 5 minutes

Coronavirus: les cas de réinfection sous la loupe de l’OMS

Coronavirus: les cas de réinfection sous la loupe de l’OMS
Photo: Andriy Popov/123rf

Les connaissances relatives au SRAS-CoV-2 évoluent tous les jours et cela devrait nous rassurer, a rappelé l’épidémiologiste Maria Van Kerkhove, expert technique à l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Aujourd’hui par exemple, a-t-elle poursuivi, on sait que le virus peut contaminer les gens une deuxième fois, des recontaminations ayant été répertoriées dans «plusieurs pays». Pour le  moment, les chercheurs ignorent si le fait d’avoir déjà attrapé le virus est bénéfique ou nuisible pour la personne infectée.

Les experts ignorent encore pourquoi certains individus développent un grand nombre d’anticorps alors que d’autres non. Les cas rapportés vont d’un sens comme dans l’autre.

Un groupe de travail composé d’experts étudie les réinfections. «Les gens ont développé une réponse immunitaire forte, mais on ne sait pas trop combien cela va durer de temps, ni les mécanismes derrière cela», a avoué Dre Van Kerkhove.

Avec 36 millions de personnes infectées dans le monde jusqu’à maintenant, il y a loin de la coupe aux lèvres. Par contre, a indiqué l’experte technique à l’OMS, on sait, grâce au séquençage, que la récidive a tendance à être moins forte que l’infection originelle.

Des études longitudinales (dans le temps) menées chez plusieurs personnes sont en cours. On prélève ainsi des échantillons à différents stades de la maladie. Mais cela prend du temps et de plus, peu de recherches sont menées en ce sens. Cela se comprend, car l’argent et les équipes vont au plus pressant.

Aujourd’hui, a-t-elle rappelé, on a un coffre d’outils qui fonctionnent, citant le couvre-visage, l’hygiène des mains, la ventilation des espaces, le traçage des cas, l’isolement des contacts.

L’OMS s’est réjouie que la Chine ait confirmé son engagement dans le mécanisme COVAX, qui veille à s’assurer que les pays pauvres aient un accès équitable aux vaccins dès que ceux-ci seront disponibles pour les populations humaines. Et l’organisation n’a pas l’intention de faire de passe-droit au vaccin russe ni à aucun autre vaccin par ailleurs. Les comités scientifiques feront leur travail à cet égard, a assuré le directeur de l’OMS, l’Éthiopien Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Quelque 171 pays se sont engagés dans le système COVAX jusqu’à maintenant. Et d’autres pourraient le faire incessamment, assure l’OMS.

Rapidité de la réponse

Dr Michael Ryan épidémiologiste irlandais spécialisé dans les maladies infectieuses et la santé publique et directeur executif à l’OMS, a indiqué qu’il était encore possible d’éviter les confinements nationaux généralisés, mais qu’il fallait faire vite et prendre le nouveau coronavirus de court, en cassant les chaînes de transmission. Cela permettra d’arrêter la transmission du virus.

Pour ce faire, il faut surveiller les cas, les isoler et mettre en quarantaine les contacts des cas. Cela permet d’éviter de contraindre des populations, de mettre fermer des économies et des écoles.

Ce dernier élément est d’ailleurs prioritaire aux yeux de l’OMS, car il en est question dans toutes ses conférences de presse et tous ses experts le rappellent dans leurs interventions publiques depuis Genève.

«Il faut prendre le virus de vitesse. Car une fois que celui-ci a une longueur d’avance, c’est plus difficile en plus d’être plus long.» -Dr Michael Ryan, expert à l’Organisation de la santé (OMS)

Cela veut dire, par exemple, contenir rapidement les foyers d’éclosion et éviter la transmission du virus à l’entourage.

Des capacités hospitalières à risque

L’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS) a rendu disponible aujourd’hui sa plus récente mise à jour des deux rapports qu’il produit pour informer les décideurs et aux gestionnaires du réseau de la santé et des services sociaux.

L’infection gagne du terrain au pays et au Québec et en Ontario particulièrement, rappelle l’INESSS, accentuant la pression sur des systèmes de santé déjà surchargés.

C’est d’autant plus important qu’au Canada, la pandémie s’accélère, comme dans plusieurs autres pays par ailleurs. Par exemple, Madrid a déclaré l’état d’urgence vendredi pour tenter de contrôler la pandémie. Ce dont se sont inquiétés les experts de l’OMS en conférence de presse. Ceux-ci ont par ailleurs rappelé l’importance d’avoir une réponse concertée pour les gouvernements central et provincial, ce qui n’a pas été le cas en Espagne, ont-ils précisé en réponse à la question d’un journaliste espagnol.

«La tendance générale pour le nombre de nouvelles hospitalisations est en augmentation pour l’ensemble du Québec, selon Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS). Globalement, si le taux de transmission demeure constant, les projections suggèrent que le nombre de lits occupés par les patients atteints de la COVID-19 s’approchera des capacités hospitalières planifiées au cours des quatre prochaines semaines.»

Plus spécifiquement pour les régions de Montréal, Laval, Laurentides, Lanaudière et Montérégie, les projections donnent à penser que les capacités hospitalières seraient atteintes au terme du prochain mois et plus rapidement encore en ce qui a trait aux lits de soins intensifs.

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