La Smart: L'électricité lui va si bien
C’est dans les rues de Brooklyn que nous avons fait l’essai, la semaine dernière, de celle qui sera d’abord offerte en quantité limitée cet automne puis, si tout va bien, à monsieur et Madame Tout-le-Monde dès 2012. Mais ces monsieur et madame Tout-Le-Monde en voudront-ils, de la Smart électrique?
Oui s’ils sont urbains, non s’ils attendent d’elle l’autonomie d’une voiture traditionnelle. Car avec 135 kilomètres sur une seule recharge, la Smart électrique limite les déplacements au quotidien. Et une fois «à sec», il lui faut huit heures pour se remettre de la mine dans le crayon. C’est pas mal plus long qu’un plein d’essence, ça…
Évidemment, c’est en conduite urbaine que la Smart «verte» est à son meilleur, merci à ses petites dimensions, mais aussi à son moteur électrique. Installé dans l’espace ordinairement occupé par un trois cylindres à essence, cet organe de 30 kilowatts ne développe que 41 chevaux.
C’est peu, et d’ailleurs, la Smart électrique voit sa vitesse maximale limitée à 100 km/h. Nul doute que ça posera des problèmes stratégiques sur l’autoroute. Reste qu’avec la transmission directe de sa petite puissance et les 88 lb-pi de couple disponibles dès les premiers tours de roue, la Smart électrique s’élance pour le 0-60 km/h en 6,5 secondes, dans une attitude facilement modulable du bout du pied droit. Rien à voir avec l’effet «chaise berçante» que nous livre encore la Smart à boîte séquentielle. Rien à voir non plus avec la sonorité grondante d’un moteur à combustion. Mais elle n’est pas silencieuse pour autant, la Smart électrique: un petit sifflement accompagne ses poussées d’adrénaline et, pour un peu, on se croirait dans un minivaisseau spatial.
Même si la direction de la Smart «verte» passe de l’hydraulique à l’ électrique, la voiture ne perd pas pour autant sa connexion avec la route. Par contre, la suspension se fait pas mal plus cogneuse; la faute en incombe sans doute au poids supplémentaire des batteries (la Smart électrique engraisse de 140 kilos) qui ont trouvé à se loger sous les fesses des deux passagers.
À conduire la Smart électrique dans les rues de Brook-lyn, on pourrait croire que peu de choses viennent départager cette version écologique de la variante à carburant. De fait, tout dans l’expérience s’exécute si logiquement qu’on en vient à oublier qu’ on pilote une voiture électrique. Reste que des différences, il y en a. Notamment, les deux cadrans «yeux de grenouille» qui trônent sur la planche de bord indiquent non pas les révolutions et l’heure, mais plutôt la charge restante et le monitorage de l’énergie.
Surtout, surtout, pas d’émissions polluantes pour la Smart électrique. Pas de plein en carburant non plus: rien qu’une recharge à même la prise électrique résidentielle à l’aide d’une rallonge, qu’ on dissimule dans le renflement du hayon. Enfin, pas de changement d’huile, pas d’entretien – que des freins à changer et, sûrement un jour, des batteries à remplacer.
- Les hauts et les bas
45 Smart électriques au Canada
Plusieurs centaines de Smart électriques roulent en banc d’essai dans des villes européennes. À partir de l’automne prochain, 250 d’entre elles trouveront preneurs dans des villes américaines, et 45 dans des villes canadiennes.
21 000 $ de batteries
Les batteries au lithium-ion de la Smart électrique coûtent cher. «On parle de mille euros par kilowatt installé», dit Derek Kaufman, vice-président de Smart USA. À 16,5 kilowatts pour la Smart électrique, on en a donc pour 21 000 $ canadiens par voiture…