Mitsubishi RVR: un turbo, peut-être?
Mea culpa : en jetant un premier coup d’Å“il sur le RVR (pour Recreational Vehicle Runner), nous avons cru être en présence d’une Toyota Matrix. Surprise donc d’apprendre que Mitsubishi lance son nouveau petit véhicule contre les Hyundai Tucson, Kia Sportage et Nissan Juke. Surprise, parce que les deux «concurrents» coréens sont beaucoup plus longs et plus larges, ce qui les avantage, notamment en termes de cargo. Et surprise aussi parce qu’à 21 998 $ (de base), le RVR est 2 000 $ plus cher que le Nissan Juke – qui a une motorisation plus puissante et pas mal plus moderne, avec turbo et injection directe s’il vous plaît.
Le Mitsu RVR a beau se faire léger, il reste que 148 che- vaux, ce n’est pas suffisant pour le propulser de façon dynamique. Les accélérations n’ont aucune profondeur, c’est essoufflant et ça influe sur la consommation de carburant… La version qui nous a été prêtée (GT, 28 498 $) était équipée de la transmission à variation continue (CVT) et de commandes au volant. Heureusement, car il faut s’en servir régulièrement, question de tirer tout le jus possible du véhicule – ce qui se fait d’ailleurs dans une envolée bruyante et peu raffinée.
Cela dit, la tenue de route est à la hauteur de ce à quoi Mitsubishi nous a habitués. On remercie la traction intégrale (optionnelle) qui fait coller le véhicule au bitume et qui propose le merveilleux mode verrouillé 50-50. La direction a beau être électrique, on sent néanmoins une belle et bonne connexion avec la route. La suspension est ajustée de façon plus sportive que chez la concurrence, mais certains la trouveront trop ferme.
L’habitacle, lui, manque d’insonorisation pour contrer les bruits du vent, que l’on entend exagérément siffler autour du pare-brise. Le design du tableau de bord est simple et, disons-le, ennuyant, à peine parsemé qu’il est d’une touche de chrome ici et là. La finition est cependant soignée. Les sièges, avec leur mince rembourrage, sont recouverts d’un tissu synthétique peu agréable au toucher, mais qui a le mérite d’être durable et facilement nettoyable.
Quelques gâteries, cependant : le Bluetooth est de série, de même que les sièges chauffants – bien que ces derniers chauffent de manière irrégulière. Et sur la version GT, on a droit au gigantesque toit panoramique qui, la nuit, s’illumine latéralement de petites DEL. C’est mignon… Force est de constater que le Mitsubishi RVR n’a pas le panache, ni l’offre nécessaire pour supplanter ce qu’il dit être sa concurrence.
C’est encore pire si l’on déborde de cette concurrence : pour à peu près le même prix de base, pourquoi pas la Subaru Impreza familiale qui, elle, est proposée de série avec la traction intégrale? Et on ne vous parle même pas des Jeep Compass/Patriot, dont le prix de départ se situe sous les 16 000 $… Selon nous, ça prendrait une variante turbo pour relever la sauce. Un RVR Evo, ça vous dirait? Cela permettrait au petit véhicule, somme toute joli, mais de facture anonyme, de se démarquer dans le paysage automobile.
Le pour et le contre
POUR
- Les sièges chauffants sont de série
- Grand toit panoramique (GT)
- Silhouette agréable à regarder
- Bonne tenue de route
CONTRE
- Sous-motorisé
- Insonorisation déficiente
- Trop cher
- Espace cargo moyen