Fiat: entre raison et passion
Fiat revient en Amérique après 27 ans d’absence. Mais est-ce que la voix de la passion saura faire taire celle de la raison? Après tout, Fiat se classe encore parmi les cancres sur le plan de la fiabilité en Europe…
Fiat a quitté notre continent en 1983, sur fond de controverse au sujet de la qualité de ses produits. Depuis, les choses n’ont pas évolué autant que souhaité. Les derniers sondages européens sur la satisfaction (J.D. Power) placent encore l’italienne dans le bas du palmarès automobile.
Par contre, la Fiat 500 a réussi en France, l’an dernier, à se classer en tête des «City Car». La petite deux portes-quatre places a d’ailleurs raflé le titre de Voiture européenne de l’année en 2008. C’est dire que le retour de Fiat chez nous s’effectue avec le meilleur produit de la gamme, un produit amélioré aux goûts d’ici – pensez suspension assagie, meilleure insonorisation, meilleur équipement.
Mais une question se pose : est-ce que le rétro est encore assez «in» pour que la Fiat 500 connaisse du succès en Amérique? Avec son look sympathiquement différent, son habitacle hautement personnalisable (une dizaine d’intérieurs offerts) et son prix sous les 16 000 $, la Fiat 500, construite au Mexique, devrait connaître du succès en Amérique du Nord. À tout le moins à sa première année, phénomène «nouveauté» oblige.
Sans surprise, l’intérêt est prononcé chez les consommateurs. Ce qui surprend cependant, c’est que cet intérêt se manifeste autant chez les hommes que chez les femmes, et autant chez les jeunes que chez les baby-boomers. Entre nostalgie et hip-hop, la Fiat 500 saura-t-elle survivre en tant qu’icône automobile?
Laura Soave, la directrice italienne de Fiat pour notre continent, croit que oui. «Primo, nous ne visons pas les volumes de la Honda Civic, confie-t-elle. Deuzio, nous ne ferons pas l’erreur de Smart, qui a uniquement misé sur l’aspect économie d’essence et qui n’a pas relancé les affaires avec d’autres modèles.»
Justement, le Cabrio 500 arrive au printemps, et la performante Abarth (pensez 170 chevaux) s’amène au début 2012. Une variante électrique est attendue la même année, et 2013 devrait livrer un modèle quatre portes – «un people mover moderne», dit Mme Soave.
À défaut de pouvoir prédire l’avenir de Fiat sur notre continent, tout au moins devons-nous en célébrer l’audace. L’audace d’un style qui frappe, mais aussi d’un retour en Amérique du Nord, alors que les plus vieux se rappelleront sans aucun doute la sarcastique traduction de «Fabbrica Italiana Automobili Torino» : «Fix It Again, Tony.»
Pour les plus jeunes? Une Fiat 500 produite par le groupe qui fabrique aussi les Ferrari, Maserati et Alfa Romeo de ce monde, c’est donc ben cool…
Encore «in»?
Ces dernières années, le rétro a perdu de sa popularité.
- La Mini s’échange annuellement au Canada à moins de 5 000 unités et, si la marque survit (+6 % l’an dernier), c’est qu’on ne compte plus les variantes.
- La Smart ForTwo, pourtant attendue avec impatience aux États-Unis en 2008, n’est plus que l’ombre d’elle-même avec des ventes en chute (-60 % l’an dernier aux É.-U.).
- La Volkswagen New Beetle n’a-t-elle pas été rapidement – et négativement – perçue comme un chick car?
- Le PT Cruiser : après 10 ans de production, Chrysler a tiré la plogue.
À ne pas manquer la semaine prochaine : notre essai routier de la Fiat 500