Mobilité

La vente de véhicules à essence sera rapidement compliquée

Une voiture est branchée à une borne de recharge électrique. Photo: Josie Desmarais/Métro

Québec resserrera les règles entourant la vente de véhicules à essence afin de se rapprocher de sa cible de 100% de ventes de voitures électriques d’ici 2035. Les quotas augmenteront rapidement, selon ce qui a été dévoilé lundi.

La norme sur les véhicules zéro émission vient d’être modifiée afin d’obliger les constructeurs automobiles à vendre davantage de voitures électriques au cours des prochaines années et à réduire la vente de véhicules à essence. Dans trois ans, en 2025, 17,5% des voitures neuves vendues devront être électriques. Cette proportion sera multipliée par quatre pour atteindre 77,5% seulement cinq ans plus tard. Puis, l’objectif de 100% devra être atteint en 2035. 

Par ces nouvelles mesures, le Québec vise à ce que 1,5 million de véhicules électriques circulent sur les routes de la province en 2030. Ce nombre passera à 3,5 millions lorsque l’objectif final sera atteint en 2035. Selon des données de 2020, il y a actuellement 4,9 millions de véhicules de promenades sur les routes québécoises et un total de 6,8 millions de véhicules, en incluant l’ensemble des véhicules à usage commercial ou spécialisé. De ce nombre, seulement 100 000 véhicules sont électriques, environ.

Le projet de règlement modifiant la norme sur les véhicules zéro émission fait actuellement l’objet d’une consultation publique. Les citoyens ont jusqu’au 12 mars 2022 pour transmettre leur opinion.

Pas suffisant, dit Roulez électrique

Pour Sylvain Juteau, président de Roulez électrique, ces nouvelles normes ne seront pas suffisantes pour forcer les constructeurs automobiles à offrir davantage de véhicules électriques au Québec dans les prochaines années. 

«L’an dernier au Québec, nous étions déjà à 9,5% de vente de véhicules électriques. Actuellement, il faut attendre de un à deux ans pour avoir un véhicule électrique. C’est incroyable! L’offre ne répond pas à la demande. Et comme nos exigences sont trop faibles, les manufacturiers envoient leurs véhicules disponibles ailleurs où les normes sont plus sévères», explique-t-il en citant en exemple l’Europe et la Californie, où les exigences sont plus élevées. 

«On a une crise climatique. Le gouvernement doit mettre un cadre pour que nos enfants aient un avenir. Le 17,5% pour 2025, on devrait doubler ça. On est capable. Au niveau de la demande, il n’y a pas de problème. S’il y avait des véhicules disponibles, je suis convaincu qu’un véhicule léger neuf sur deux serait électrique», ajoute-t-il en soutenant que le réseau de bornes de recharge est suffisant à ce jour même si certains ajustements devront être apportés lorsque le nombre de voitures augmentera. 

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