Pionnier des téléphones intelligents, BlackBerry n'a pas suivi le rythme de ses rivaux
Lundi (23 septembre), trois jours après avoir annoncé la suppression de 40 % de ses effectifs, le groupe a indiqué qu’il allait être racheté par un consortium d’investisseurs mené par le fonds Fairfax, son premier actionnaire, pour 4,7 milliards de dollars — le même jour, comme un symbole, Apple revendiquait des ventes record pour son nouvel iPhone.
Considéré à une époque comme le fabricant de téléphones intelligents le plus branché — à défaut d’être le plus important —, le groupe canadien a perdu son élan en ne parvenant pas à suivre le rythme imprimé par ses rivaux : « Ils ne pensaient pas que quelqu’un pourrait les supplanter », résume Gerry Purdy, un analyste qui suit le secteur des mobiles chez Compass Intelligence.
À ses yeux, BlackBerry — le groupe Research in Motion avait adopté le nom de son téléphone intelligent en janvier 2013 — a trop tardé à réagir face à la menace représentée par l’iPhone, lancé par Apple en 2007, et par les téléphones intelligents utilisant le système d’exploitation de Google, Android, apparu la même année.
« Leur énorme problème a été le retard pour lancer un système d’exploitation avancé sur le marché », pointe Gerry Purdy : « Ils l’ont développé en 2010, et il leur a fallu trois ans pour qu’il arrive sur le marché. (…) C’était donc six ans » après le lancement de l’iPhone. « Le marché évoluait trop vite », conclut-il.
« BlackBerry s’est accroché à son clavier, le groupe pensait que pour les gens qui écrivaient beaucoup, un clavier était indispensable », relève aussi Roger Kay, d’Endpoint Technologies Associates : « Le temps qu’il se décide à avoir un écran tactile, il était trop tard. Dans ce secteur, si vous manquez un ou deux cycles technologiques, vous êtes quasiment grillé ».
Racheté par des investisseurs menés par le fonds Fairfax, BlackBerry devrait sortir de la Bourse pour se restructurer à l’abri des soubresauts des marchés financiers. Aux yeux de certains, cela pourrait ouvrir la voie au démantèlement du groupe.