La Cour suprême des États-Unis s'attaque aux jeux vidéo
La cour de justice américaine doit décider si les mineurs ont le droit d’acheter des jeux vidéos qualifiés de violents.
Une telle loi pourrait enfreindre le Premier
amendement qui interdit au Congrès américain de restreindre la liberté
de parole, de presse ou de religion chez les citoyens étasuniens.
La question est de savoir si ce droit englobe également les logiciels informatiques.
La Cour suprême doit donc revoir une loi californienne visant à
restreindre aux plus jeunes l’accès à certains jeux qualifiés
d’inappropriés; loi qui fut jugée inacceptable par un tribunal fédéral.
La cause sera entendue plus tard cette année en ou 2011.
La Californie n’est pas le seul État américain à avoir tenté de
limiter l’accès aux jeux violents. L’Illinois, le Michigan et des
comtés de l’Indiana et du Missouri ont essayé de le faire, mais ont
tous essuyé une défaite en cour.
Au centre de la question repose également le droit des mineurs à la liberté d’expression.
La loi californienne déchue ne visait pas spécifiquement un jeu en particulier, mais les avocats du gouvernement ont mentionné Postal 2, qui permet aux joueurs de se livrer à des meurtres en série. Auparavant, c’est le jeu Grand Theft Auto qui avait fait l’objet d’importantes critiques en raison de son contenu hautement explicite.
Le Procureur général de la Californie, Jerry Brown, estime que
l’État devrait être en mesure de «restreindre de manière raisonnable la
distribution de matériel extrêmement violent auprès des enfants».
Pour sa part, l’Association des «fournisseurs de divertissement» (Entertainment Merchants Association)
prétend que l’État agit déraisonnablement en tentant d’étendre aux
logiciels ses règlements régissant la pornographie jugée obscène.
«Depuis plus de 50 ans de jurisprudence en ce domaine, la cour n’a
jamais appliqué le principe d’obscénité en dehors du contexte de
discours sexuel.»