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21:20 22 août 2012 | mise à jour le: 22 août 2012 à 21:20 temps de lecture: 5 minutes

Pierre-Luc Gagnon : «Pour moi, le skate est une forme d’art»

Pierre-Luc Gagnon : «Pour moi, le skate est une forme d’art»
Photo: Dan Mathieu/Collaboration spéciale

Pierre-Luc Gagnon n’a plus rien à prouver dans le monde du skateboard. Pourtant, il a toujours la même passion pour son sport.

Le Québécois a remporté l’or à l’épreuve de rampe verticale des X-Games, les Jeux olympiques des sports extrêmes, le 30 juin dernier à Los Angeles. Cela n’est qu’une réussite parmi tant d’autres pour l’athlète de 32 ans, qui compte 18 médailles, dont 8 d’or, en carrière à cette compétition. Il s’est entretenu avec Métro hier.

Comment vous êtes-vous découvert une passion pour le skateboard?
J’ai commencé à l’âge de huit ans. Pour moi, le skate, c’est une forme d’art, une façon de s’exprimer. Le but dans le skate est d’être original. Ça m’a attiré dès le départ. De plus, je n’ai jamais vraiment aimé attendre après les autres. Les sports d’équipe ne m’ont donc jamais intéressés. Le skate a fonctionné car je pouvais avancer à mon rythme.

À quel moment avez-vous réalisé que vous pouviez gagner votre vie dans ce sport?
Ça avait toujours été un rêve pour moi, mais j’ai compris que c’était possible quand j’ai gagné le Vans Warp Tour, qui était le championnat du monde amateur à l’époque, à l’âge de 16 ans. J’ai eu une commandite après cela et j’ai pu commencer à voyager et à faire de l’argent.

Vous habitez maintenant en Californie. Est-ce que vous sentiez que vous deviez quitter le Québec pour pratiquer votre sport professionnellement?
J’habite à San Diego depuis 12 ans. Au Québec, c’était parfait pour commencer, mais à un certain niveau ça devenait difficile de rester motivé autour d’autres skaters québécois qui n’avaient pas les mêmes objectifs que moi. Partir en Californie et côtoyer les meilleurs m’a obligé à m’améliorer. Aussi, au Québec, les médias et les commanditaires ne s’impliquent pas beaucoup dans le skate et c’est une des grosses raisons pourquoi je suis parti. Tous mes revenus venaient des États-Unis. Quand tu veux amener ta carrière au plus haut niveau, tu dois être entouré des meilleurs et t’approcher de l’industrie. Faire ça à distance c’est difficile.

Comment un professionnel du skateboeard gagne-t-il sa vie?
Personnellement, je gagne beaucoup de bourses avec les compétitions. Par exemple, j’ai empoché 40 000 $ en remportant l’épreuve de rampe du Dew Tour le week-end dernier. De plus, mes commanditaires me donnent des bonus de performance et un salaire mensuel. On peut aussi faire des sous en tournant des vidéos et en prenant des photos pour les magazines.

Quelle est la différence entre le monde de la compétition et celui des films et des magazines?
Je fais les deux mais je me concentre plus sur les compétitions. Quand tu tournes une vidéo, tu peux prendre deux semaines pour réussir une manœuvre. En compétition, l’approche est différente. Tu dois être beaucoup plus régulier. Tu dois pratiquer tes figures plusieurs fois par jour.

Vous n’êtes pas entouré d’une équipe alors comment vous entraînez-vous?
J’ai un entraîneur personnel qui m’aide pour ma mise en forme ou quand je suis blessé. Ensuite, tous les jours en après-midi, je m’entraîne avec des amis qui sont aussi des professionnels du skate.

Comment se sent-on dans une compétition dont on est le favori?
Ça me donne une position avantageuse, une confiance que les autres n’ont pas nécessairement. Je sais ce que j’ai à faire pour gagner tandis que les autres se disent «si on veut le battre on doit faire quelque chose qu’on a encore jamais fait».

Y a-t-il de l’animosité entre les compétiteurs?
Ce sont des compétitions amicales. On veut tous gagner quand nous sommes sur la rampe mais en dehors il n’y a pas d’animosité. En skate, tu n’as pas d’impact sur les performances de tes adversaires. La seule chose à faire est de mieux réussir que les autres. Si tu ne gagnes pas, tu es la seule personne à blâmer. Ce n’est pas un environnement propice aux confrontations.

Pour avoir autant de succès dans le monde du skateboard, vous avez dû vous démarquer. Comment y êtes-vous parvenu?
En étant capable de faire des figures uniques. Si je vois quelqu’un apprendre une nouvelle figure, je n’essaie pas de faire comme lui mais plutôt apprendre quelque chose de différent.

Empire Backyard Party
Pierre-Luc Gagnon est à Montréal cette semaine car il est le porte-parole du Empire Backyard Party, la seule compétition professionnelle de mini-rampe au Canada.

L’événement aura lieu samedi à Montréal, au Centre Pierre-Charbonneau. En tout, 30 des meilleurs athlètes en skateboard en Amérique du Nord participeront à la compétition.

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