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Erik Guay assumera son rôle de leader à Sotchi

MONTRÉAL – En 2010, Erik Guay avait décidé de jouer la carte de la discrétion à quelques jours de l’ouverture des Jeux de Vancouver. Les projecteurs étaient plutôt braqués sur son coéquipier Manuel Osborne-Paradis, le petit gars du coin.

Ce rôle de négligé l’avait bien servi. C’est finalement lui qui avait signé les meilleures performances parmi les skieurs canadiens avec des cinquièmes positions au super-G et en descente sur les pentes de la station de ski de Whistler.

À Sotchi, le skieur de Mont-Tremblant n’aura guère le choix. Il assumera le rôle de leader de l’équipe canadienne alpine.

Devenu fin décembre le skieur canadien le plus titré de l’histoire de la Coupe du monde de ski alpin, Guay représente l’un des grands espoirs de podium du Canada à ces jeux. Et le principal intéressé ne s’en cache pas, il n’a pas l’intention de se contenter des accessits cette fois.

«Depuis les débuts de ma carrière, j’ai toujours eu trois objectifs: le globe de cristal — il a gagné celui du super-G en 2010 —, les championnats du monde — il a été sacré champion du monde de descente en 2011 — et une médaille olympique, qui manque à mon palmarès. Je vais aller la chercher, je l’espère, à Sotchi… sinon ça va aller à PyeongChang en 2018.»

Mais à 32 ans et avec ses antécédents de blessures, Guay est conscient qu’il a intérêt à jouer son va-tout dès Sotchi. Il avoue d’ailleurs qu’il a une revanche à prendre après avoir échoué au pied du podium à ses deux premières présences olympiques — quatrième au super-G à Turin en 2006.

Guay en a surpris plus d’un avec son début de saison en fanfare après sept mois d’inactivité en raison d’une blessure au genou gauche. Il a salué son retour à la compétition fin novembre en terminant huitième de la descente de Lake Louise. Puis mi-décembre, il a égalé le record de 20 podiums de Steve Podborski en remportant la descente de Val Gardena. Une semaine plus tard, il l’a amélioré grâce à sa troisième position dans la descente de Bormio.

«J’ai manqué beaucoup de ski cet été mais je suis revenu, on dirait, plus en forme et plus affamé. Pour la première fois, je vais me présenter aux Olympiques avec de réelles chances de podium.»

Depuis qu’il a commencé à travailler en 2011 avec B2dix, une association fondée par l’ex-skieur acrobatique Dominick Gauthier qui fournit à un certain nombre d’athlètes des ressources pour améliorer leur entraînement et leur préparation, Guay note une amélioration.

«Ça m’a beaucoup aidé. J’ai eu des maux de dos, des problèmes aux genoux au fil de ma carrière mais, avec leur aide, on dirait que j’en ai moins. Et quand j’ai des problèmes, je sais qu’ils vont m’aider à revenir en force. Ça crée moins de stress.»

Attentes élevées

Incapables de ramener une médaille des Jeux de Vancouver malgré des attentes élevés en 2010, les skieurs alpins canadiens ont démontré depuis le début de la saison qu’ils auront plusieurs candidats au podium à Sotchi. Outre les podiums de Guay, Osborne-Paradis a terminé quatrième de la descente à Beaver Creek et Jan Hudec a décroché l’argent au super-G de Val Gardena.

Mais Guay sait mieux que quiconque que la ligne est mince entre un podium olympique et une quatrième place.

«À Vancouver, nous avions des objectifs de médaille. Et ce sera encore une fois le cas à Sotchi. Mais je connais les réalités de notre sport. N’importe lequel des 15 meilleurs au monde peut gagner un jour donné.

«Tout va se jouer sur des millièmes de seconde. C’est la raison pour laquelle il faut être mentalement, physiquement et techniquement prêt. La journée de la course, il faut prendre des risques et espérer que tout va bien se passer. Si tout va bien, nous devrions revenir de Sotchi avec des médailles.»

Aucun skieur alpin canadien n’a réussi à remporter une médaille olympique depuis Ed Podivinsky en 1994.

L’ex-champion du monde a beau rouler sa bosse sur le circuit de la Coupe du monde depuis une douzaine d’années, il éprouve encore énormément de plaisir à pratiquer son sport. Mais pas nécessairement pour les mêmes raisons qu’au début de sa carrière.

«Dans le passé, ce que j’adorais le plus, c’était de voyager à travers le monde, de faire du ski dans les Alpes, d’emprunter les pistes des plus belles montagnes au monde.

«Aujourd’hui, on dirait que je veux me prouver que je peux gagner des médailles. Avec la famille à la maison — il est père de deux petites filles, Logann Elizabeth et Leni Charlotte et le couple attend un troisième enfant pour mars —, je n’ai plus envie de voyager à travers le monde juste pour voyager. J’ai envie d’être avec ma famille. Mais j’ai aussi envie de battre des records, d’avoir ma médaille olympique.»

S’il fait désormais figure de modèle pour ses plus jeunes coéquipiers et autres compétiteurs du cirque blanc, Guay s’inspire lui-même d’un autre grand champion: l’Autrichien Hermann Maier.

«Il m’a beaucoup inspiré. Surtout son histoire. Ce poseur de briques qui faisait un peu de ski de compétition comme à-côté et qui gagne les championnats d’Autriche. L’année suivante, il se retrouve sur le circuit de la Coupe du monde et gagne régulièrement. Il se fracture une jambe lors d’un accident de moto, revient à la compétition et gagne à Kitzbuehel. Tu ne pourrais écrire un meilleur scénario pour un film à Hollywood.

«Il m’a beaucoup motivé. J’ai été privilégié de compétitionner contre lui pendant des années. J’ai vu son professionnalisme, sa détermination, son travail acharné. Ce sont des qualités que j’espère avoir moi aussi.»

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