Marc-Antoine Gagnon est prêt à sortir de l’ombre à Sotchi
QUÉBEC – Marc-Antoine Gagnon vit dans l’ombre des champions skieurs acrobatiques québécois Mikaël Kingsbury et Alexandre Bilodeau. Mais ça ne lui fait pas un pli sur la différence. Le skieur de bosses voit même cela comme un atout.
«C’est en s’entraînant avec les meilleurs que ça te pousse à être meilleur, affirme Gagnon, natif de Terrebonne. Au sein de l’équipe canadienne, il y a tellement d’athlètes de talent qu’on n’a pas besoin de regarder loin pour trouver de l’inspiration. Et je ne parle pas que de Mikaël et d’Alexandre. Je peux apprendre à tous les jours en côtoyant tout le monde. Nous sommes choyés comme groupe. C’est réellement un avantage qu’on a.»
Gagnon a pris le cinquième rang au classement cumulatif des compétitions de la Coupe du monde des bosses au cours des deux dernières années. Mais il a le roi Kingsbury et le médaillé d’or olympique en titre Bilodeau devant lui.
«C’est plus difficile qu’ailleurs de se qualifier pour les Jeux olympiques, mais ça vaut la peine de faire des efforts pour y arriver», prétend qui sera à Sotchi avec Bilodeau et Kingsbury au sein de l’équipe masculine des bosses.
Pour lui, cette sélection est un accomplissement dont il sera fier pour le reste de sa vie.
Satisfait de sa progression depuis ses débuts sur la scène internationale, il y a trois ans, Gagnon ne veut pas trop déroger du plan qui a fait ses preuves. S’il y a un ajustement qu’il souhaite apporter, c’est d’être plus combatif en piste.
«Ma constance est sans contredit ma principale force, souligne-t-il. C’est très rare que je rate une descente. Sans livrer des performances extraordinaires et gagner des compétitions, je me retrouve souvent dans le top-5. C’est pour ça que je veux élever mon niveau, quitte à sacrifier de la constance pour aller chercher des points qui me permettraient d’accéder au podium plus souvent.»
Famille de sportifs
Gagnon, âgé de 22 ans, est issu d’une famile de sportifs. Sa mère Diane Jacob a été une championne nageuse qui a failli participer aux Jeux olympiques de Montréal en 1976. Son père Patrice a versé dans l’athétisme et le football. Sa soeur Alex-Anne, 18 ans, fait partie de l’équipe nationale de ski acrobatique depuis la saison dernière.
Marc-Antoine et Alex-Anne sont nés avec des skis aux pieds. L’aîné a commencé à dévaler les pentes de la station Val Saint-Côme, dans Lanaudière, dès l’âge de deux ans et il a eu la piqûre pour le ski de bosses à neuf ans. En 2007, à 16 ans, il a remporté deux médailles d’argent aux Jeux du Canada.
«J’ai toujours aimé le ski. C’est ce qui m’a accroché en bas âge. J’ai essayé le soccer et le baseball, mais pas sérieusement. J’étais bon en ski, c’est pour ça que j’ai persévéré.»
Au travers de tout son cheminement, il souligne l’influence positive que ses parents ont eue. Jamais, il n’a ressenti de leur part la moindre parcelle de pression.
«Ils comprennent que ce n’est pas la bonne chose à faire. Nous autres, les athlètes, nous nous en mettons suffisamment gros sur les épaules. La pression que je ressens vient de personne d’autre que de moi-même parce que je sais tous les efforts que j’ai faits. C’est ce qui fait que j’ai envie de me dépasser. Quand la pression vient de soi et en dose raisonnable, ça peut même aider.»
Un peu casse-cou
Gagnon n’a jamais modelé son style à celui d’un skieur en particulier, bien qu’il ait été impressionné dans son enfance par les prouesses du Finlandais Janne Lahtela, champion du monde et olympique en 2002.
Dans ses temps libres, celui qui est attiré par le génie civil et les finances sur le plan scolaire s’adonne à des activités comme le motocross, la planche à roulettes et d’autres sports extrêmes.
«Étonnamment, je ne me suis jamais rien cassé et je n’ai jamais subi de blessure grave», fait remarquer Gagnon, qui prend un soin jaloux de sa condition physique afin d’éviter les blessures le plus possible.
«J’accorde une grande importance à ça. Je m’en voudrais tellement si je me blessais en raison d’un manque d’entraînement physique.»
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