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Le duel Allemagne-Nigeria n'a rien d'imprévisible

MONTRÉAL – Ce qui fait le charme du sport, c’est notamment son côté imprévisible. Il y a toutefois certains aspects qui sont moins aléatoires que d’autres, et la présence de l’Allemagne et du Nigeria en finale de la Coupe du monde U-20 de soccer féminin en est une des preuves.

Dans un cas comme dans l’autre, leur parcours parfait jusqu’ici à ce tournoi des moins de 20 ans en sol canadien est le résultat d’un programme de développement national étoffé et bien structuré.

Un programme qui permet de produire des joueuses de qualité d’une génération à l’autre, comme en fait foi le fait que les sélections U-20 de l’Allemagne et du Nigeria s’étaient également affrontées en finale du Mondial U-20 de 2010, ainsi qu’en demi-finale à la Coupe du monde U-20 de 2012.

Et voilà qu’elles se retrouveront dimanche soir, au Stade olympique, devant une foule attendue de 25 000 spectateurs. Les amateurs assisteront à un programme double qui commencera à 16h avec la finale pour la troisième place, mettant aux prises la France à la Corée du Nord.

On le sait, la victoire de l’Allemagne à la Coupe du monde masculine senior, le mois dernier au Brésil, est le fruit d’un travail de longue haleine entrepris après un Euro décevant en 2000. On a alors structuré le football allemand en l’harmonisant davantage, notamment au niveau des académies des différents clubs. Encouragée par la victoire de la sélection féminine senior allemande à la Coupe du monde de 2003, qui a été suivie d’un autre triomphe au Mondial de 2007, la fédération allemande a fourni des efforts semblables du côté féminin.

«Le foot féminin ne pourra jamais être comparé au foot masculin en Allemagne, mais nous avons beaucoup de soutien de la fédération et les femmes font de leur mieux pour récompenser cette confiance en connaissant le plus de succès possible», a affirmé Maren Meinert, entraîneure de l’équipe allemande au Mondial U-20 féminin, samedi.

John Herdman connaît bien le système de développement allemand. L’actuel entraîneur-chef de l’équipe canadienne féminine senior avait eu la chance d’étudier les programmes de développement de plusieurs pays, dont l’Allemagne, lorsqu’il travaillait encore pour la fédération néo-zélandaise.

«L’Allemagne a un système très structuré, très bien financé, qui leur permet d’être présents dans pratiquement toutes les villes, a indiqué Herdman cette semaine à La Presse Canadienne. Et ce, chez les femmes aussi. Les meilleures joueuses suivent les directives d’entraîneurs qui ont des licences B ou A de l’UEFA, ce qui les amènent à s’entraîner jusqu’à quatre fois supplémentaires par semaine, en plus de leur travail avec leur club respectif.

«On parle donc d’un programme où le contenu qu’on enseigne est le même partout. Cela permet d’avoir une véritable courroie de transmission jusqu’à la sélection senior. Ce qui impressionne chez l’Allemagne, c’est que même quand elles perdent une joueuse du calibre de Birgit Prinz, on peut la remplacer avec des joueuses issues des moins de 20 ans comme Dzsenifer Marozsán ou Alexandra Popp», a noté Herdman.

Au Nigeria, les sélections féminines ont souvent été dominantes en Afrique — un continent où, dans bien des pays, les footballeuses ne récoltent que des miettes sur le plan financier.

«Au Nigeria, on ne badine pas avec les budgets consacrés au football féminin, a souligné Peter Dedevbo, l’entraîneur de l’équipe nigériane U-20 féminine. On s’attarde au développement à long terme. Je l’ai moi-même constaté puisqu’il y a certaines de mes joueuses avec lesquelles je travaille depuis 2009, parce qu’elles font partie du programme depuis quatre ou cinq ans.

«Nous avons aussi une ligue professionnelle au Nigeria et les femmes peuvent participer à trois compétitions distinctes, a ajouté Dedevbo. Les bonnes équipes de la ligue professionnelle ont des académies. Et ces académies fonctionnent bien, elles sont commanditées par des entreprises.»

Un match quand même utile

À la Coupe du monde masculine senior, la finale pour la troisième place est souvent dénuée d’intérêt. Un tel match est toutefois utile dans le contexte d’un Mondial U-20 féminin, où les athlètes sont encore en phase d’apprentissage, a convenu Gilles Eyquem, le sélectionneur de l’équipe française des moins de 20 ans.

«Il n’y a jamais eu de médaille pour la France chez les jeunes filles U-20, alors ce serait une motivation pour nous d’en décrocher une», a d’abord dit Eyquem, dont certaines des joueuses actuelles ont remporté la Coupe du monde U-17 en 2012, puis l’Euro U-19 l’an dernier.

«Et effectivement, c’est important pour ces jeunes filles d’acquérir de l’expérience, a ajouté l’entraîneur français. Et quoi de mieux que des matchs de haut niveau, des matchs contre des styles de football différents, contre des équipes avec une pratique différente.»

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