Krystina Alogbo encore privée de JO, mais optimiste
Après déjà deux échecs en 2008 et 2012, la sélection canadienne féminine de water-polo a encore manqué de justesse une qualification pour les prochains Jeux Olympiques estivaux. Malgré cette déception, la leader emblématique de l’équipe nationale et native de Rivière-des-Prairies, Krystina Alogbo demeure optimiste.
À 30 ans, elle se retrouve pourtant face à un dilemme. Et devant un rêve auquel elle court depuis son enfance, mais qu’elle voit s’échapper une nouvelle fois.
«Depuis mes cinq ans, je raconte à ma mère que je veux participer aux Olympiques. Petite, je ne savais pas dans quel sport, je voulais simplement y aller. Va-t-il se réaliser un jour ? Je ne sais pas. Je verrai au fil des années», confie la Prairivoise qui repousse l’idée d’une retraite prématurée après cet échec.
«Je ne vais pas m’arrêter»
«Oui, je suis déçue, mais je n’ai pas de regrets. Il y a forcément des choses que j’aurais pu mieux faire, mais je suis à présent une des plus expérimentées dans cette équipe. Je relativise. J’ai envie de continuer. Beaucoup de mes anciennes idoles ont joué au plus haut-niveau jusqu’à 33, 34 ans. Si mon corps suit, je ne vais pas m’arrêter.»
Cette élimination est rageante, mais il y a une lumière qui s’est allumée. Je suis optimiste pour l’avenir et le développement du water-polo féminin au Canada.»
Krystina Alogbo, équipe nationale de water-polo
«Le water-polo est l’amour de ma vie, poursuit celle qui a débuté sous le maillot canadien onze ans plus tôt avec, à la clef, une médaille de bronze aux Mondiaux 2005. Il n’y a pas eu un moment où j’ai eu envie d’arrêter de jouer. J’ai toujours le goût de continuer.»
Malgré la courte et frustrante défaite de sa formation le 26 mars (8-7) en quart de finale du tournoi préolympique aux Pays-Bas, qui a privé le Canada de l’une des quatre dernières places octroyées pour les Jeux de Rio, la sportive envisage «un avenir prometteur».
«Nous avons subi beaucoup de changements dans la gestion et la direction de l’équipe depuis plusieurs mois. On a réussi à s’ajuster à de nouveaux systèmes de jeu et si on travaille les petits détails, on est sur la bonne voie», assure la championne du monde juniors en 2003, élue également meilleure joueuse mondiale en 2011.
Un potentiel élevé
La déception de cette élimination ravalée après quelques jours de repos «pour souffler et réfléchir», Krystina Alogbo pense déjà à la prochaine Ligue mondiale, dès le mois de juin.
«En 2009, nous avions remporté l’argent lors des Mondiaux de Rome, un an après notre échec pour la qualification aux Jeux de Pékin. On peut rebondir. On a le potentiel pour devenir l’une des trois meilleures équipes du monde, mais à nous d’être constante», croit l’actuelle joueuse du club russe d’Ugra, non loin de la Sibérie.
La dernière participation de la sélection canadienne de water-polo aux Olympiques remonte à l’édition 2004 à Athènes. L’équipe avait alors terminé à la dernière place du groupe B avec une victoire et deux défaites.

Un retour aux études
La Montréalaise se fixe également un autre objectif: décrocher son certificat en travail social à l’université Concordia, dès cet été.
«J’aimerais travailler après ma carrière auprès d’organismes communautaires de l’île qui œuvrent avec les jeunes en difficulté, affirme celle qui a fait ses premières nages dans la piscine René-Goupil, dans le quartier Saint-Michel. J’aimerais rendre tout ce que l’on m’a offert dans mon enfance.»
Après une qualification pour les Jeux Olympiques de Tokyo en 2020 ? L’intéressée sourit. L’idée, définitivement, la séduit.
Palmarès
– Joueuse de l’année 2011 selon le magazine Swimming World
– 2ème aux Jeux panaméricains 2011
– 2ème au championnat du monde 2009
– 2ème aux Jeux panaméricains 2007
– 3ème au championnat du monde 2005
– Championne du monde juniors 2003