Recrudescence des kidnappings en Haïti
Malgré le chaos qui règne toujours à Port-au-Prince, un premier tour électoral tendu et des émeutes liées à l’épidémie de choléra, l’année 2010 n’aura pas été marquée par une explosion de violence en Haïti. Selon les plus récentes statistiques de la Mission des Nations unies pour la stabilisation d’Haïti (MINUSTAH), 586 homicides ont été rapportés l’année dernière, comparé à 593 en 2009.
Les statistiques concernant les kidnappings sont toutefois moins encourageantes. «Dans les quatre derniers mois de 2010, on note une reprise des kidnappings», selon André Leclerc, porte-parole de la police des Nations unies, qui compte 3 200 hommes sur le terrain. Il faut savoir que le séisme du 12 janvier avait éventré le pénitencier national de Port-au-Prince, et ainsi entraîné l’évasion de 5 400 prisonniers, dont plusieurs gros bonnets spécialisés dans le kidnapping en vue d’obtenir une rançon.
Depuis le tremblement de terre, le nombre de policiers étrangers présents sur le sol haïtien est passé de 2 000 à 3 200, dont près de 130 Canadiens. Environ 40 % des policiers canadiens déployés actuellement en Haïti proviennent du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). Le ser-gent Jimmy Paulette, du poste de quartier 21, est l’un d’entre eux. Il vient de passer neuf mois à Jacmel, dans le sud-ouest du pays.
De février à juin, il a participé à la sécurisation des convois qui partaient approvisionner des communautés isolées. Puis, pour la deuxième partie de sa mission, il a repris le cours normal de l’implication du SPVM?en Haïti, qui date de plusieurs années avant le séisme : la formation des policiers haïtiens. Aux dires du sergent Paulette, cet enseigne-ment est «une condition essentielle pour que la population regagne confiance en sa police nationale et aussi pour que les lois soient mieux appliquées».