Blâmer Postes Canada
La semaine dernière, le gouvernement Harper a déposé un avis de loi de retour au travail pour criminaliser la lutte des travailleurs des postes qui défendent leurs droits. La ministre du Travail, Lisa Raitt, a annoncé son intention de déposer un projet à cet effet aujourd’hui, en même temps qu’elle annonçait une loi de retour au travail contre les travailleurs d’Air Canada.
Comme dans le cas de la grève chez Air Canada, la ministre a cité des dommages à l’économie pour justifier son projet de loi. Elle a dit que la grève «affecte l’économie et a un effet sur des CanaÂdiens qui ne participent pas à ce conflit».
C’est Postes Canada qui cause du tort à l’économie quand elle refuse de répondre aux revendications des travailleurs et met de l’avant son plan destructif du service public sous prétexte de «modernisation». Même pour ce qui est de la grève comme telle, c’est Postes Canada qui a mis les travailleurs en lock-out et interrompu le service de livraison. Les travailleurs avaient maintenu les services durant leur grève tournante. Décréter un lock-out serait une façon de «protéger» l’économie et défendre la sécurité publique? Mais pas les coupures, l’augmentation des cadences, la multi-plication des accidents de travail, etc. C’est n’importe quoi!
Mais le plus répréhensible dans toute cette affaire est que le gouvernement cherche des raisons pour justifier la négation des droits. Les droits appartiennent à chacun du fait de son existence. Les travailÂleurs des postes ont droit à des conditions qui correspondent aux services qu’ils procurent et ont le droit de prendre les mesures nécessaires pour défendre ce droit. Ces droits ne se donnent pas, ne s’enlèvent pas et on ne peut y renoncer. Le devoir du gouverneÂment n’est pas de les accorder ou de les enlever, c’est de garantir leur exercice en pratique.
– Christine Dandenault, Montréal