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Un hymne qui nous ressemble

Je m’inscris résolument en faux contre ce concert unanime de réprobation à l’endroit de Raôul Duguay, seul artiste ayant osé relever le défi de composer l’hymne national de la nation du Québec. Le résultat est tout à fait honorable et l’auteur n’y a pas consacré en vain six mois de labeur. On peut facilement se laisser entraîner par le rythme lancinant de l’œuvre, un peu comme on pourrait se faire bercer par le bruit de l’océan. Même Mario Dumont confessait à l’émission de Paul Arcand l’avoir chantonné en arrosant son jardin. Gageons qu’il sera encore plus convaincant, chanté par une voix puissante comme celle de Ginette Reno ou Céline Dion.

La facture de l’œuvre est traditionnelle, mais les valeurs véhiculées dans ce poème sont bien celles d’aujourd’hui. Il ne s’agit donc plus, comme cela pouvait être le cas il y a un ou deux siècles, de célébrer des vertus guerrières, justifiées à une époque où la naissance des nations se faisait dans le tumulte et le sang. La fierté et la victoire qui sont évoquées ici sont avant tout celles de parler français. Il y est question aussi d’unité dans la diversité, d’harmonie avec la nature, de paix, de liberté, de solidarité et de fraternité. Les mentions de rêve et d’imagination soulignent très justement la force artistique qui est celle des Québécois. L’espoir et l’aspiration à la joie, à l’amour et au bonheur sont chantés tout au long de cet hymne. Qui d’entre nous ne pourrait s’y reconnaître?

– Christian Feuillette, Montréal

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