Les rois de la route
Le 6 juin dernier, un cycliste a été happé mortellement dans le nord de la ville, dans un coin tranquille à l’intersection des rues Pasteur et Salaberry. Comment? Il traversait en ligne droite lorsqu’une automobiliste qui arrivait en sens inverse a voulu faire son virage à gauche, sans mettre son clignotant et sans regarder avant de tourner. Elle tue le cycliste et que lui arrive-t-il? Elle écope d’une contravention de 150 $ et perd un point d’inaptitude.
Voilà comment les piétons et les cyclistes sont protégés au Québec. Car la SAAQ ne se prononce plus depuis les années 1970 (précisément depuis l’arrivée du Parti quéÂbéÂcois au pouvoir) sur la détermination de la faute et de la responsabilité. Ou peut-être est-ce que ce sont les policiers qui ne font plus leur travail d’enquête? Peu importe, la loi est ce qu’elle est, mais elle peut être changée.
En Oregon, le Code de la route confère aux automoÂbilistes la responsabilité de protéger les usagers plus vulnérables de la route, soit les piétons et les cyclistes. Ils sont considérés automatiquement comme responsables lors d’une collision. C’est normal, puisÂqu’ils sont beaucoup plus menaçants et plus dangereux. Ils peuvent tuer.
Mais ce qu’on a peut-être oublié dans notre société, c’est que conduire est un privilège et non un droit. Tant d’automoÂbilisÂtes continuent de rouler même s’ils ont commis une faute fatale. Trop d’automobilistes croient qu’ils sont seuls sur la route et oublient les règles les plus élémenÂtaires de la conduite, comme regarder avant d’effectuer un virage. Mais leur faute ne leur vaut même pas une suspension du permis, ni même un examen de la vue pour vérifier leur vision périphérique. Mais alors à quand un plus grand contrôle? Au cours du mois d’août, trois autres cyclistes ont péri sur les routes de Montréal. Ne serait-il pas temps de reconnaître la responsabilité des automobilistes et d’agir?
– Laila Maalouf