Laissez faire le gant invisible
C’est étrange. Alors que tout commence à aller bien partout, que la fin de l’histoire de Francis Fukuyama est advenue et que la liberté de se faire fourrer démocratiquement dans l’ensemble des domaines de la société est acquise, voilà que le hockey de la grosse ligne, lui, préfère backchecker socio-historiquement, comme le faisait Patrice Brisebois, constatant qu’il venait de dégager par le centre.
Depuis plusieurs années, le hockey était devenu un produit régulé à l’instar de l’éconoÂmie de marché et de son gant invisible. Un coup à la tête survenait? Si c’était l’œuvre d’un jambon, cela pouvait représenter vingt-douze matchs de suspension.
Dans le cas d’un coup donné par une vedette, celle-ci était graciée comme une dinde par le président des États-Unis à l’Action de grâces. Après tout, plusieurs amphithéâtres sont à moitié vides, pourquoi se priver des joueurs de concession qui gardent l’autre moitié dedans?
Mais voilà que les choses risquent de changer. Le nouveau préfet de discipline de la LNH, Brendan Shanahan, est né au Canada, ce qui n’est pas le cas d’Amir Khadir, mais il lui ressemble pareil. Cet homme possède clairement un agenda caché et souhaite donner un biais gauchiste, voire une conscience, au hockey. Ainsi, tout coup jambon pourrait être sévèrement puni cette saison.
Comme le commentateur de droite de Quebecor Éric Duhaime l’a fait pour le député iranien du Plateau-Mont-Royal et son agenda islamique, il importe de ne pas attendre et de soupçonner Brendan de posséder cet agenda caché et de le décrier à coup d’opinions sur toutes les tribunes. Nous remercions d’ailleurs le Métro de nous offrir la sienne.
Évidemment, certains diront que la loi naturelle du marché n’est écrite nulle part et que c’est un peu comme de croire en Dieu que de vouer un culte à une main, invisible de surcroît, et dans un gant par-dessus tout. Justement. Notre société nous offre la liberté de religion. Ben nous, nous sommes pour la liberté du gant qui pue. Respect.
