Jude Mbamgi, de réfugié à capitaine
L’histoire de Jude Mbamgi, capitaine de l’équiÂpe canadienne à la Coupe Danone des Nations, est bien différente de celle de la plupart des jeunes qui foulent les terrains de soccer du Québec.
Jude est arrivé dans la province en octobre 2006 après avoir passé 18 mois dans un camp de réfugiés en Ouganda. Originaire de Bukavu, en République démocratique du Congo, le jeune footballeur et sa famille ont fui les violences, la guerre civile et la criminalité pour atterrir à Québec.
Depuis son arrivée dans la Vieille-Capitale, Jude partage son temps entre Limoilou, où habitent sa mère et ses frères, et Sainte-Foy, où vit sa «maman» québécoise, Renée-Claude Roy.
Mme Roy, qui s’est rendue en Espagne pour encourager l’équipe canadienne, a fait la connaissance du jeune homme après que ce dernier eut été placé dans la même classe que son fils. «Mon garçon s’est tout de suite lié d’amitié avec Jude. Il admirait le talent de son nouvel ami au soccer, à tel point qu’il nous a demandé de l’inscrire dans la même équipe que lui.»
Avant de procéder à l’inscription, Mme Roy a fait évaluer Jude par l’entraîneur de l’équipe pour s’assurer qu’il soit capable de s’adapter, car il ne maîtrisait pas parfaitement le français à l’époque. «L’entraîneur était ahuri. Il a dit qu’il n’avait jamais rien vu de tel, que Jude avait presque le talent et les capacités techniques d’un joueur professionnel.»
La maîtrise du ballon rond, Jude l’a surtout acquise au cours des mois passés dans le camp de réfugiés en Ouganda. Comme il ne fréquentait pas l’école, le jeune attaquant jouait au soccer toute la journée. De plus, il n’y avait pas de ligue organisée et il préférait jouer avec ses frères. Il affrontait donc avec brio des jeunes souvent deux fois plus âgés que lui.
Bien que possédant des habiletés supérieures à celles de ses pairs, Jude ne s’est pas assis sur ses lauriers une fois au Québec. Il a continué à perfectionner sa technique en passant un nombre incalculable d’heures à frapper le ballon dans la cour arrière de Mme Roy.
Une équipe est souvent à l’image de son capitaine, et si celle du Canada a si bien fait cette année à Madrid, c’est en grande partie parce qu’elle ressemblait à Jude.