Los 33, un an plus tard
Douze mois après avoir été extraits de terre, les 33 mineurs chiliens sont encore reconnus partout où ils passent. Mais contrairement à la croyance populaire, plusieurs des hommes qu’on a surnommés Los 33 vivent aujourd’hui dans une situation précaire. Problèmes de santé, difficulté à décrocher un emploi, problèmes financiers, l’après-célébrité n’est pas toujours rose.
Pour leur part, Alejandro Bohn et Marcelo Kemeny, les propriétaires de la mine de San José où l’accident s’est produit, n’ont pas vraiment eu, pour le moment, à répondre de leurs actes. Plusieurs les tiennent responsables de ce qui est survenu le 5 août, alors qu’une portion de la mine s’est effondrée, laissant les 33 mineurs prisonniers.
Après leur sortie de la mine, plusieurs des rescapés ont fait le tour du monde pour raconter leur histoire. Ils se sont rendus aux États-Unis, en Espagne, en Israël, en Grèce ou en Grande-Bretagne. Leur histoire a intéressé de nombreuses personnes au passage.
Pour protéger leur image et bien vendre leur histoire, les 33 hommes ont fait appel à un cabinet d’avocats. Ils ont déjà signé un contrat avec une agence pour un film à venir et des projets à la télévision. Le producteur de Hollywood bien en vue, Mike Medavoy, prévoit que le film s’appuiera sur un livre en cours d’écriture par le gagnant du Pulitzer, Hector Tobar, inspiré des écrits du journal personnel d’un des mineurs.
Des procédures judiciaires ont aussi été entamées, alors que la majorité des mineurs poursuivent l’État chilien pour négligence et pour n’avoir pas protégé leur lieu de travail, la mine de San José. Quatorze des mineurs reçoivent déjà une pension mensuelle de 470 $ du gouvernement du président Sebastian Piñera.
Que sont-ils devenus?
Que font les 33 mineurs chiliens, un an après avoir été extraits du noir?
Mario Sepúlveda [41 ans] : Le mineur extraverti donne des conférences.
- Mario Gómez [65 ans] : Souffrant de silicose, il veut prendre sa retraite. Il reçoit une pension du gouvernement.
Víctor Zamora [34 ans] : Sans emploi stable, il utilise le salon de sa maison pour vendre des fruits et des légumes. Il souffre encore d’insomnie.
- Franklin Lobos [53 ans] : Il travaille pour le club de soccer de Copiapo. Il reçoit une pension.
Claudio Acuña [36 ans] : Malgré un traumatisme lié à l’accident, il n’a pas réussi à se trouver d’emploi ailleurs que dans les mines.
Víctor Segovia [49 ans] : Il est chauffeur d’autobus et de taxi. Un livre inspiré des écrits de son journal personnel sera publié. Il reçoit une pension du gouvernement.
- Ariel Ticona [30 ans] : Il demeure à la maison avec sa fille Espenranza, née pendant qu’il était coincé dans la mine. Il est sans emploi et vit encore des périodes de grand stress.
- Daniel Herrera [28 ans] : Il fait des apparitions publiques dans une partie du musée de Santa Cruz dédiée aux mineurs. Cela fait partie de sa thérapie.
- José Ojeda [48 ans] : Toujours en congé maladie, il est encore touché par l’événement. Il reçoit une pension du gouvernement.
- Pablo Rojas [46 ans] : Sans emploi. Il reçoit une pension du gouvernement.
Omar Reygadas [57 ans] : Sans emploi, il donne toutefois des conférences comme motivateur. Il reçoit une pension du gouvernement.
- Alex Vega [32 ans] : Il obtient quelques contrats en mécanique. Toujours en congé maladie.
Samuel Ávalos [44 ans] : Sans emploi. Il donne des conférences comme motivateur.
Renán Ávalos [30 ans] : Il est aux prises avec des problèmes psychologiques.
- Florencio Ávalos [32 ans] : Il sollicite un emploi dans une mine du nord du Chili.
Yonni Barrios [51 ans] : Il souffre de silicose. Il est propriétaire d’un entrepôt avec sa femme Susana, mais les revenus sont insuffisants. Il reçoit une pension.
- Darío Segovia [49 ans] : Il a ouvert une fruiterie grâce à l’appui financier d’un homme d’affaires philanthrope. Il reçoit une pension du gouvernement.
- Luis Urzúa [55 ans] : Il donne des conférences comme motivateur. Il reçoit une pension.
- Juan Andrés Illanes [53 ans] : Il donne des conférences comme motivateur. Il reçoit une pension du gouvernement.
- Juan Carlos Aguilar [50 ans] : Il reçoit une formation pour donner des conférences. Il reçoit une pension du gouvernement.
Edison Peña [35 ans] : Il est en cure de désintoxication à cause de problèmes de drogue et d’alcool.
- Claudio Yáñez [35 ans] : Sans emploi et aux prises avec des problèmes finanÂciers, il souhaite donner aussi des conférences.
- Osmán Araya [31 ans] : Sans emploi et aux prises avec des problèmes psychologiques, il ne reçoit pas d’aide du gouvernement.
- Carlos Mamani [25 ans] : Le mineur bolivien vit toujours au Chili et est sans emploi. Il n’accorde aucune entrevue.
Richard Villarroel [28 ans] : Aux prises avec des problèmes psychologiques.
- Jimmy Sánchez [20 ans] : Il a reçu son congé de l’hôpital, mais est encore aux prises avec des problèmes psychologiques.
- Raúl Bustos [41 ans] : Il vit dans le sud du Chili et donne des conférences comme motivateur.
- Pedro Cortés [27 ans] : Sans emploi et en faillite, il étudie en électricité.
- Carlos Bugueño [28 ans] : Sans emploi.
- Esteban Rojas [45 ans] : Sans emploi. Il reçoit une pension du gouvernement.
- Carlos Barrios [28 ans] : Il reçoit de l’argent d’un ami.
- Jorge Galleguillos [56 ans] : Il n’a pas d’emploi stable, mais donne aussi des conférences. Il reçoit une pension du gouvernement.
- José Henríquez [55 ans] : Il a raconté son histoire pour le livre Miracle in the Mine qui sort aujourd’hui en anglais et en espagnol. Il n’a pas d’emploi pour le moment, mais il désire rester un mineur.