Affaire SNC-Lavalin: de la démocratie et du business!
Le tollé soulevé par l’affaire SNC-Lavalin dont l’un de ses dirigeants aurait comploté l’exfiltration de Saadi Kadhafi au Mexique démontre à quel point, en Occident, les gens sont naïfs sans le savoir. Pour brasser des affaires en Libye, pouvait-on vraiment ignorer les pratiques d’un régime corrompu?
Ici, certains se forcent pour croire que, dans le monde, il y a des bons qui combattent les méchants pour faire triompher la loi et l’ordre! Comme dans les anciens westerns à la sauce hollywoodienne que le monde a gobés durant plusieurs décennies, la cavalerie débarque pour éliminer le sauvage sanguinaire!
On semble avoir la mémoire courte. Combien de régimes sanguinaires ont été installés par l’Occident partout à travers la planète pour défendre ses intérêts financiers et économiques au détriment des indigènes? Tout y est passé. Opérations clandestines de déstabilisation de gouvernements élus démocratiquement, assassinats politiques, financement de faux rebelles et j’en passe. Toutes les régions du monde ont goutté à la médecine distillée par l’Oncle Sam et ses alliés. Et ce n’est pas fini.
En effet, comment expliquer qu’au pays du wahhabisme, l’Arabie Saoudite, les ricains disposent non seulement de leurs entrées chez les Al Saoud, mais aussi de bases militaires et où papa Bush est accueillit en grand ami avec dans ses bagages des hommes d’affaires opportunistes qui bavent sur les milliards des pétrodollars et des contrats d’armement en tout genre?
Rappelez-vous, au lendemain du 11-septembre, alors qu’aucun avion civil ne pouvait survoler l’espace aérien des États-Unis, des membres de la famille Ben Laden, celui-là même qui a commandité l’attaque des avions sur les tours, eh bien, eux, ils avaient eu l’aval de Bush junior pour quitter le pays comme des VIP.
Comment aussi expliquer qu’au 21e siècle, l’Arabie Saoudite, un des pays les plus riches au monde, pratique un apartheid institutionnalisé contre la moitié féminine de la société? Là-bas, les femmes sont obligées de sortir voilées dans la rue et accompagnées par un tuteur qui marche devant elles et les surveillent. Là-bas, les femmes n’ont presque aucune autonomie: interdiction d’avoir un permis de conduire une voiture, de voyager seules, de voter, de travailler ou de subir une intervention chirurgicale sans l’autorisation de leur mari ou de leur père, etc.
Comment expliquer alors que l’Arabie saoudite a presque envahi militairement son voisin, le petit royaume du Bahreïn pour y écraser manu militari les protestations d’une population civile ragaillardie par le printemps arabe pour manifester sa colère et réclamer des changements politiques et sociaux?
Comment expliquer cette impunité d’un régime qui bafoue les droits de la
personne plus que la Syrie et l’Iran réunis? La réponse est simple:
l’appât du gain!
Et c’est partout pareil! Allez voir le défilé de la diplomatie du fric qui a pris son envol en Libye. Là-bas, un an après, tout est à reconstruire. Et les Français, les Turcs, les Chinois et les Italiens se bousculent au portillon pour partager la manne de la reconstruction. Après la guerre, le plus important, c’est le retour sur investissement pour décrocher au coude à coude sa part du gâteau. Amine!