Des Oscars, de l'Iran et de l'espoir!

Vous en conviendrez avec moi qu’avec le Canadien qui croupit au fin fond du classement de la LNH, le «Monsieur Lazhar» qui a raté l’Oscar et la morosité de nos politiques à Montréal, Québec et Ottawa, se soustraire de notre réalité est un luxe en ces temps de crises.

Et ces jours-ci, je vis virtuellement à cheval entre quatre continents. Printemps arabe oblige, je quitte l’Amérique pour débuter ma journée au Maroc, en passant par la Tunisie, la Libye et l’Égypte avant de faire un saut en Asie, principalement en Syrie et en Iran avant de bifurquer en Europe pour m’étendre sur la course à l’Élysée, en France.

Grâce à la magie de l’internet, d’un clic, je suis la vague de la nouvelle. Cet exercice est salvateur, car au lieu de sombrer dans le marasme d’un seul pays, j’ai la possibilité d’avoir une vision globale de notre planète. C’est édifiant.

En fin de compte, nous sommes tous pareils! Ce qui peut paraître comme une nouvelle locale, eh bien, c’est une illusion. La crise financière a pris naissance aux États-Unis, puis elle a contaminé le reste de la planète. Une rébellion éclate dans une région comme en Arabie, et la cotation du baril de pétrole prend une envolée brutale. D’un clic, ce monde, de plus en plus globalisé, devient aussi petit. Si la Grèce chute, l’Espagne, le Portugal et l’Irlande risquent d’être aspirés dans son sillage et l’équilibre financier fragile de la planète avec!

Ma virée mondiale me permet de relativiser aussi nos bobos quotidiens, et des fois, de me rendre compte qu’ailleurs, les bobos, il y en a en masse. Regardez une partie du magazine «Des Paroles et des actes» consacré à la candidate d’extrême droite à la charge suprême en France et vous allez vous rendre compte que Marine Le Pen est la porte-parole d’une certaine extrême droite planétaire qui cultive nos différences pour en faire leur fonds de commerce fanfaronné ad nauseam sur toutes les tribunes possibles et imaginables. Son face-à-face avorté contre Jean-Luc Mélenchon, le candidat du Front de gauche en France, est sans commentaire.

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Heureusement, dans mon tour d’horizon, il m’arrive de savourer la face éclairée de l’humanité. La consécration de «Une séparation», de l’Iranien Asghar Farhadi, de l’Oscar du meilleur film en langue étrangère a fait ma semaine. Le discours de son réalisateur est un message d’espoir qui a tassé du revers de la main tous les stratagèmes déployés par les commanditaires de la solution finale. En quelques secondes, on comprend aisément pourquoi des milliards ont été gaspillés vainement dans des guerres qui auraient dû restaurer l’espoir, mais qui ont fini par des massacres!

Farhadi a déclaré à la suite de son sacre: «En ce moment, beaucoup d’Iraniens nous regardent et je suis sûr qu’ils sont très heureux. Au moment où on parle de guerre, où les politiciens échangent intimidations et agressions, le nom de leur pays, l’Iran, est associé ici à sa culture glorieuse, sa culture ancienne et riche qui a été enterrée sous la poussière de la politique. Je suis fier d’offrir cet Oscar à mon peuple, un peuple qui respecte toutes les cultures et civilisations et méprise l’hostilité et la rancœur.»

Voilà, alors que certains surfent sur la vague de la haine, des différences raciales et des civilisations qui ne se valent pas, d’autres tentent tant bien que mal de nous dépeindre le monde avec ses nuances, ni tout blanc, ni tout noir. De l’espoir!

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