La haine raciale tue de nouveau aux USA
Il était 10h30 dimanche matin. Le service religieux n’était pas encore commencé, mais les prêtres sikhs étaient déjà sur place à l’accueil du temple sikh du Wisconsin, à Oak Creek, une ville d’environ 35 000 habitants au sud de Milwaukee. Certains fidèles commençaient à arriver. Dans la cuisine du temple, on préparait le goûter du midi lorsqu’un individu armé a franchi le seuil du temple et s’est mis à tirer sur la petite foule qui y était déjà rassemblée.
Dans la panique les fidèles se sont barricadés dans les salles de bain, les salles de prières et le garde-manger d’où ils ont tenté désespérément de rejoindre les services d’urgence. Le carnage s’est interrompu lorsqu’un des premiers policiers arrivés sur les lieux a réussi à abattre le tireur.
La tuerie aurait pû être plus grave, car la plupart des fidèles arrivent au temple entre 10h30 et 11h. Si le tireur était arrivé quinze minutes plus tard, il y aurait eu environ 150 personnes à l’intérieur du temple. La police craignait à un moment qu’un second tireur ne se trouve dans le temple mais ce n’était pas le cas. Toutefois d’autres armes ont été retrouvées sur les lieux du crime.
On n’a toujours pas de détails sur l’identité du tireur et ce qui aurait pu motiver son geste. Ce qu’on sait, c’est qu’il s’agit d’un homme blanc âgé de quarante ans. Ses voisins l’ont décrit comme un homme agréable et paisible.
Est-ce qu’il s’agit d’un crime haineux? Tout porte à le croire et la réaction du président Barack Obama est significative en ce sens «… il faut nous rappeler les richesses qu’ont apportées les Sikhs à notre pays. Ils font partie de la famille américaine élargie», a-t-il dit.
Les sikhs, qui portent un turban et la barbe, sont souvent pris pour des musulmans et font l’objet d’attaques racistes à ce titre aux États-Unis, notamment depuis les attentats du 11 septembre. Ils sont environ 314 000 aux États-Unis.
Les crimes dirigés contre les Sikh sont de plus en plus nombreux, à un point tel qu’en avril dernier, Joseph Crowley, le co-président du groupe parlementaire sur les indiens et les indo-américains, avait écrit une lettre à Eric Holder, pour affirmer que le FBI devrait rassembler des données sur les attaques perpétrées contre la communauté.