Lettre aux vieux politiciens
Préambule
Les vieux politiciens.
Lisée les a consacrés d’un joli euphémisme : les belles-mères.
Et s’ils étaient juste vieux?
Entendons-nous, nous n’avons aucune envie d’une manifestation de la FADOQ (Fédération de l’âge d’or du Québec), faisant brûler des mannequins à notre effigie, scandant: «Justiciers, jeunes cons!»
Vrai, nous avons souvent eu la réputation de ne pas respecter l’autorité, la hiérarchie… Par contre, inutile de dire que nous respectons nos aînés, sinon pourquoi avoir travaillé pendant près de 10 ans avec Richard Z. Sirois?
Pourquoi aimer jouer à la pétanque en dégustant un bon Ricard-Guru?
Et surtout, pourquoi avoir cruisé toutes ces MILFS au Lover’s de Laval au début des années 2000, pêchant à la dynamite dans une réserve faunique de femmes fières et… bronzées?
Non vraiment, amis grisonnants, pas de quoi nous molester à grands coups de marchette.
Hum hum… Idée principale, les gars?
Pendant, avant ou après la plus récente campagne, une des innombrables belles-mères, habituellement un ancien chef du PQ, souvent un ex-premier ministre du Parti québécois ou une personne ayant déjà tenu les rênes du parti fondé par René Lévesque, est revenue hanter le Québec.
Parizeau n’a pas eu le temps de faire trop de dommages, le poids des années l’emportant sur le désir de faire chi**.
Landry a été fin, tout professoral et gentleman qu’il est.
Boisclair itou.
Pierre-Marc Johnson. Who cares?
Reste Bouchard. Égal à lui-même dans les dernières années : veni, vidi, taedeo (je suis venu, j’ai vu, je m’ennuie).
Après avoir dirigé le Québec avec un entêtement quasi religieux et tout abandonné quand c’est devenu difficile… voilà qu’il revient pour… être le gérant d’estrade de la jeunesse! Youpi! C’est ce dont on avait besoin : le fédéraliste conservateur, devenu souverainiste, puis «extralucide», puis à nouveau avocat pour les compagnies qui financent les libéraux, puis grand défenseur des gaz de schiste, puis… Raëlien dans deux ans, qui sait?
Y a juste les fous qui ne changent pas d’idée. Et monsieur Bouchard est un homme beaucoup trop sain mentalement…
Donc…
Non seulement on devrait laisser les jeunes politiciens être de jeunes politiciens et avoir des idées de leur âge, mais on devrait aussi laisser les vieux politiciens là où ils sont : dans nos mémoires, grandioses et adulés. Pas amers ni ennuyeux.
En résumé, pour les émules de Don Cherry
If you’re out of the game, stay out. Don’t try to put on your old skates. You’ll probably end up slipping on the ice of history.
Pas assez cru?
Va te coucher mononcle, le party est fini, et nous, faut qu’on se lève tôt demain. On a un pays à bâtir, tu te rappelles?
Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.